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Elle a à cur la cause de l'éducation et le développement de l'Université Laval.
par Renée Larochelle
La première chose qui attire l'attention chez Christiane Germain, c'est son calme. En effet, une force tranquille émane de cette femme reconnue pour son indéniable sens des affaires. Présidente-directrice générale du Groupe Germain, entreprise cotée d'établissements hôteliers, elle se définit avant tout comme une personne d'idées. «J'aime quand les choses bougent, révèle-t-elle. J'aime créer, développer des idées et les réaliser. Parallèlement à mon travail, je n'hésite pas à m'engager dans des causes qui me tiennent à cur.»
L'une de ces causes est l'éducation, et c'est assurément cette raison qui a incité Christiane Germain à être bénévole pour La Campagne Défi dans le comité des dons importants (région de Québec), de 1994 à 1998. De plus, la famille Germain et ses différentes corporations ont fait pour près de 80000$ de dons à vie à l'Université Laval. Ces dons ont été versés dans plusieurs fonds, notamment dans celui des priorités émergentes et dans un fonds de bourses d'études pour les étudiantes et étudiants de premier cycle en marketing. «L'Université Laval est une institution très importante pour Québec, souligne Christiane Germain. On y trouve énormément de compétences. Pour que ses compétences se développent et que l'Université puisse concurrencer d'autres grandes universités, il faut l'aider à aller de l'avant.»
«L'aventure hôtellière»
Si elle reconnaît l'éducation comme moteur de développement, Christiane Germain n'est pourtant pas elle-même diplômée de l'Université Laval ni même d'aucune autre université. De fait, comme elle l'avoue avec franchise, les études n'ont jamais été une priorité dans sa vie. Après avoir étudié deux mois en lettres au collégial, elle «décroche» et occupe bientôt un poste de caissière dans une banque, pour finalement s'inscrire au Humber College à Toronto, d'où elle ressort diplômée en administration hôtelière et parfaitement bilingue. En empruntant cette voie, cette jeune femme déterminée suit la tradition familiale des Germain, passés maîtres dans l'art de l'hôtellerie, de la restauration et de l'immobilier. Après avoir dirigé avec succès des établissements qui ont marqué le paysage de la ville de Québec dans les années 1970 et 1980 (Le Fiacre, le Café Saint-Honoré, le Cousin Germain, etc.), Christiane Germain compte bien foncer et explorer toutes les avenues qui s'offriront à elle.
«L'aventure hôtelière» débute à l'occasion d'un voyage à New York où, en compagnie de son frère, elle découvre un hôtel pour lequel elle a un véritable coup de foudre. «Cet hôtel était vraiment différent de tout ce que j'avais connu. Tout de suite, nous avons eu l'intuition que ce genre d'hôtel plairait aux Québécois.» Sans hésiter donc, le frère et la sur entreprennent d'adapter le concept de «l'hôtel boutique» chez nous, concept qui se distingue par un design sobre et recherché, ainsi que par un service personnalisé. Un cachet européen enveloppe ce produit haut de gamme destiné à une clientèle branchée. Le projet se concrétisera par l'ouverture de deux hôtels à Québec, respectivement en 1988 et en 1997, d'un autre à Montréal, en 1999, et d'un troisième à Toronto, en décembre 2002.
Femme d'affaires aguerrie
Interrogée sur le secret de son succès, Christiane Germain parle d'intuition, «une valeur sûre pour les entrepreneurs»: «J'ai toujours suivi mon intuition tant pour l'embauche de personnel que pour le développement de produits hôteliers. Mais je me suis en même temps assurée d'élaborer, avec des experts, des stratégies qui m'ont permis de trouver des partenaires, du financement et de réaliser ces projets. En somme, j'ai tenté de concilier l'émotif et le rationnel.»
Le milieu des affaires a reconnu son travail exceptionnel en lui décernant plusieurs prix et honneurs, dont ceux de la personnalité touristique de l'année 1999 lors du Gala des Grands Prix du tourisme québécois, et de Personnalité de l'année, catégorie affaires, administration et institutions, lors du Gala Excellence du journal La Presse, en 2001.
Féministe convaincue («je suis pour l'avancement des femmes dans tous les domaines»), Christiane Germain se dit extrêmement préoccupée du sort misérable réservé aux femmes dans certains pays. «Si j'avais une cause par excellence à défendre, ce serait celle de ces femmes», lance cette élégante dame de cur.
Sans aller jusqu'à dire que son travail «prend» toute sa vie, Christiane Germain avoue que la frontière entre le travail et les loisirs se révèle bien mince. Lorsqu'elle visite une exposition, par exemple, elle ne peut s'empêcher de noter l'aménagement, les couleurs et l'ambiance des lieux. Même chose quand elle descend à l'hôtel, dans les grandes villes de ce monde, où les détails font pour elle toute la différence. Paris est sa ville de prédilection où, comme par hasard, Saint-Germain-des-Prés demeure le quartier où elle aime flâner et réfléchir. «J'ai un rythme de vie trépidant, certes, mais je ne me considère pas pour autant débordée», affirme Christiane Germain, qui a d'ailleurs généreusement accepté de s'engager au sein du Cabinet de la prochaine grande Campagne de l'Université Laval. «Cet engagement est tout à fait naturel pour moi. Je dois m'investir et inciter d'autres personnes à faire de même, si nous voulons que l'Université Laval conserve sa place au sein des grands établissements d'enseignement.»
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