L'Association des diplômés de l'Université Laval

Photo Marc
Robitaille

À l'assaut de la Grande Bibliothèque du Québec

Marie-Chantal Croft et Éric Pelletier, architectes diplômés en 1992, ont remporté, en consortium avec le Groupe Patkau-Gilles Guité le prestigieux concours international pour la construction de la Grande Bibliothèque du Québec. L'Association leur a remis la médaille Raymond-Blais destinée à souligner la réussite exceptionnelle de jeunes diplômés.

par Julie Marcoux

C'est alors qu'ils étudiaient à l'École d'architecture de l'Université Laval que Marie-Chantal Croft et Éric Pelletier font connaissance. Bien vite, leur passion commune pour les arts et le patrimoine bâti les réunit. Mais surtout, c'est leur vision du métier et leur désir d'avoir leur propre firme qui ont créé cet heureux effet rassembleur. «Nous avions tous deux la conviction que se destiner à la profession d'architecte équivalait à être au service du client. Pas question de devenir des architectes-divas qui imposent leurs goûts à leurs clients comme s'ils détenaient la vérité absolue», explique Marie-Chantal Croft.

Aussi, les associés de la firme Croft-Pelletier, fondée en 1995, font toujours en sorte de mettre leurs clients à l'avant-scène, les faisant participer à toutes les étapes du processus de création. Ceux-ci deviennent ainsi des membres à part entière de l'équipe et découvrent en même temps que les artistes les contraintes imposées par le projet et les différentes possibilités qui se profilent.

Paradoxalement, leurs projets prennent source le plus souvent hors de l'architecture. La littérature, le cinéma, le matériau ou la nature sont quelques-unes de leurs sources d'inspiration. Pour la Grande Bibliothèque du Québec, c'est du roman Les chambres de bois d'Anne Hébert qu'a surgi l'étincelle pour l'un des concepts proposés. Des chambres lambrissées de bois, comme celles du roman, renfermeront, en deux volumes distincts, la collection québécoise et puis les autres collections de prêt.

Marie-Chantal et Éric, âgés respectivement de 32 et de 34 ans, ont déjà cumulé de nombreux prix et distinctions dont le Henry Adam's Certificate de l'American Institute of Architecture et une mention honorifique pour leur audacieuse proposition lors du concours pour le centre d'interprétation de la Place royale à Québec. Ils ont de plus mérité, en 1999, le prix Ronald-J.-Thom décerné par le Conseil des Arts du Canada à des candidats canadiens en début de carrière qui font preuve d'un talent créateur et d'un potentiel exceptionnels en design architectural.

Récemment, en consortium avec les firmes Patkau Architects de Vancouver et Gilles Guité de Québec, ils obtenaient, lors d'un concours d'envergure internationale (une première au Québec pour la construction d'un édifice public), le contrat pour la réalisation de la Grande Bibliothèque du Québec dont le budget de construction est de 58,3 millions de dollars d'une enveloppe globale de 90,6 millions. Le projet du consortium se mesurait à pas moins de 37autres projets. Une consécration? «Non! Nous ne considérons pas cela comme un aboutissement. Évidemment, c'est un projet magnifique et nous en sommes très fiers. Cela nous pousse à persévérer dans un métier qui n'est malheureusement pas toujours reconnu à sa juste valeur», déplore Marie-Chantal. À cet égard, les architectes reçoivent la médaille Raymond-Blais non seulement comme une reconnaissance venant du milieu universitaire où ils ont eu la chance d'évoluer et de s'épanouir, mais aussi comme un excellent véhicule pour améliorer l'image publique de leur profession.

Des stages décisifs

Les deux associés sont très sensibles à la chance qu'ils ont eue de faire des stages décisifs dans des bureaux qui les impliquaient réellement. Ainsi, chez BBGL, de Québec, Marie-Chantal a travaillé au projet de la réputée salle de concert Francoys-Bernier du domaine Forget alors que son associé planchait sur le projet du Centre des congrès de Québec lors de son stage chez Gauthier Guité Roy Architectes. «Nous ne pouvons que remercier ces architectes qui croyaient à l'importance des stages et qui nous ont permis d'acquérir une expérience très concrète.» C'est pourquoi, aujourd'hui, Marie-Chantal et Éric n'hésitent pas à ouvrir leur porte à des étudiants, pour des contrats ou pour des stages. «Cela va de soi pour nous de remettre ce que nous avons nous-mêmes eu la chance de recevoir.»

Les deux associés mènent en plus différents projets à Québec, Montréal et le Bas-Saint-Laurent, et enseignent, à titre de chargés de cours, à l'École d'architecture. Ah oui! Vous ai-je dit? Marie-Chantal et Éric sont aussi unis... dans la vie!