Éric Philippe

Prix d'excellence en enseignement 2000

Photo Marc Robitaille

...Cet homme doté d'un charisme exceptionnel comble ses étudiants dans chacune de ses fonctions. Comme professeur, il transmet comme pas un son amour de la science. Comme universitaire, il propage sa fierté d'être membre d'une excellente institution. Le 5 septembre dernier, le docteur Philippe a remporté le Prix d'excellence en enseignement de l'Université Laval. C'est avec une grande admiration et avec gratitude pour tous les bienfaits que vous faites pour chacun de nous que nous vous félicitons, docteur Philippe.

Vos étudiants au programme de doctorat en médecine

par Diane Dontigny

Comment mieux exprimer que cet hommage, publié dans le journal des étudiantes et des étudiants en médecine de septembre dernier, l'appréciation qu'ont les étudiants de l'enseignement d'Éric Philippe, professeur au Département d'anatomie à la Faculté de médecine.

Ce professeur qui enseigne l'histologie, une matière de base pour les étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie, réussit à soulever l'enthousiasme de ses étudiants, à un point tel qu'à la fin de l'un de ses cours il a même eu droit à une supervague!

Éric Philippe a la passion de l'enseignement et de la science. Et il place les étudiants au centre de tout. Dans son enseignement, bien sûr, mais aussi dans les autres responsabilités qu'il assume à sa faculté ou à l'Université. Ainsi, dans la fonction de directeur du programme de médecine qu'il vient d'accepter, son principal souci est de pouvoir mieux aider l'étudiant. Ce souci est le sien également dans la fonction de président de la Commission des affaires étudiantes qu'il assume pour un deuxième mandat.

Captiver les étudiants
«Dans ses cours, se souvient Sylvain Côté (Pharmacie 2000), aujourd'hui étudiant à la maîtrise en pharmacie d'hôpital, personne ne placote avec ses voisins ni ne s'endort; on ne perd pas le fil avec ce professeur très dynamique qui sait très bien vulgariser même des sujets complexes.»

Assister à un cours d'Éric Philippe et voir près de 150 étudiantes et étudiants de première année à la Faculté de pharmacie l'écouter attentivement leur présenter le tissu nerveux convainquent de son talent de communicateur, de ses qualités de vulgarisateur. Éric Philippe n'hésite pas à interpeller ses étudiants. Par ses questions, il les amène à réfléchir, à raisonner sur le corps humain. Par de nombreux exemples, il fait le lien avec leur quotidien. Quand les étudiants prennent des notes trop fébrilement, il les arrête: «Il faut d'abord comprendre», leur lance-t-il.

Il sait transmettre sa passion de la science, intégrant à son enseignement les dernières découvertes, les plus récentes hypothèses. «Il motive les étudiants à aller plus loin, à lire, et pas seulement dans la matière qu'il enseigne», a apprécié son ancien étudiant. En effet, «ce que je vise, de dire Éric Philippe, c'est que les étudiants aient envie d'étudier l'histologie quand, le soir, ils arrivent chez eux et qu'ils soient capables de faire le lien avec les autres matières.»

Un titre à honorer
Le professeur présente son cours sans aucune note dans les mains: «Cela me donne toute liberté pour m'adapter à ce qui se passe durant le cours, explique-t-il. Qu'un étudiant éternue par exemple, et c'est l'occasion de voir ce qui se passe dans les voies respiratoires.» Mais, on s'en doute bien, cela demande une grande maîtrise de sa matière. «Quand on porte le titre de professeur, il faut l'honorer, tranche Éric Philippe. Et le respect du titre de professeur implique que l'on connaisse bien sa matière. De même, le respect de l'étudiant demande que l'on soit prêt à donner son cours, à écouter les questions et à y répondre, à être disponible.»

Et de la disponibilité, il en a. La porte toujours ouverte de son bureau, situé dans un corridor très passant du pavillon Ferdinand-Vandry, est une invitation aux étudiants à venir le voir. Sans compter le courrier électronique qui permet même aux plus timides de lui poser leurs questions. Pour être encore plus disponible le jour, il prépare ses cours à la maison, le soir et les fins de semaine.

Éric Philippe donne beaucoup, mais il est aussi exigeant. Condition essentielle pour transmettre sa passion, dit-il: «Les étudiants méritent un cours sérieux, qui fait la promotion de l'excellence. Et ils n'embarqueront pas dans un cours qui se donne mollement.»

Deux univers: sa famille
Ce bourreau de travail réserve toutefois une large place à sa famille. «Il y a deux univers qui comptent pour moi, ma famille et l'Université. Il n'y a pas un soir où nous ne soupons pas toute la famille ensemble. Il faut un équilibre entre la famille et le travail.» D'ailleurs, Éric Philippe associe souvent sa famille à ses activités d'enseignement. Par exemple, toujours soucieux d'améliorer ses cours, d'outiller mieux ses étudiants, il a conçu et réalisé deux cédéroms sur l'histologie, présentant plus de 500 photos des différents types de tissus, accompagnées chacune de textes explicatifs et d'une question de réflexion. »Cela a pris un an de travail, non seulement à moi, mais aussi à mon épouse et mes trois garçons. Toute la famille a mis la main à la pâte.»

...et l'Université
«Éric Philippe est un professeur très dévoué, très près de ses étudiants, mais aussi très attaché à l'Université Laval», souligne son ancien étudiant Sylvain Côté. «J'aime mon Université, déclare le professeur. Nous avons une grande Université et il faut que les gens le sachent.»

Il n'est donc pas surprenant qu'au cours de son premier mandat comme président de la Commission des affaires étudiantes, il ait mené avec enthousiasme et conviction la vaste enquête sur le sentiment d'appartenance chez la communauté universitaire, enquête à laquelle les diplômées et diplômés ont été invités à participer. Et il continuera sûrement pendant son deuxième mandat à susciter la mise en application des recommandations que contenait son rapport, particulièrement celle portant sur la valorisation des réalisations étudiantes.

Que représente le Prix d'excellence en enseignement pour un tel professeur? C'est «une motivation pour continuer à évoluer, car cela me donne un élan pour renouveler encore plus mon enseignement».

Éric Philippe arrive en 1988 comme professeur-chercheur à la Faculté de médecine de l'Université Laval. Mais le jeune Français, qui a fait des études en biologie médicale puis en neurobiologie dans son pays d'origine, connaît déjà le Québec puisqu'il y a débarqué une première fois à la fin des années 70 pour poursuivre des études supérieures à l'Université Laval. C'est ainsi qu'en 1980, il obtient un diplôme de maîtrise et, en 1983, celui de doctorat en neurobiologie. Comme étudiant au doctorat, il a bénéficié d'une bourse d'excellence de La Fondation de l'Université Laval. Et aujourd'hui, c'est de nouveau La Fondation de l'Université Laval qui lui remet la bourse de 10 000$ qui accompagne le Prix d'excellence en enseignement que vient de lui décerner l'Université Laval.