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SELON UNE ÉTUDE SCIENTIFIQUE, LES SUPPLÉMENTS DE VITAMINE E POURRAIENT ACCÉLÉRER LA PROGRESSION DU CANCER Québec, le 5 avril 2005. - La prise prolongée de suppléments de vitamine E à dose élevée ne protège pas contre le cancer : au contraire, elle pourrait même accélérer la progression de cancers latents. C’est du moins l’interprétation des résultats d’une étude menée par une équipe de chercheurs du Centre de recherche de L’Hôtel-Dieu de Québec et de l’Université Laval publiés dans l’édition d’avril de la prestigieuse revue scientifique américaine Journal of the National Cancer Institute.
La docteure Isabelle Bairati, professeure titulaire à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheure au Centre de recherche en oncologie de L’Hôtel-Dieu de Québec, a dirigé cette étude menée auprès de 540 volontaires durant une période de huit ans. Tous les participants à cette recherche étaient des patients traités pour un cancer oto-rhino-laryngologique (ORL) de stade précoce. Ces patients ont un risque élevé de faire un nouveau cancer. La moitié des volontaires ont reçu pendant trois ans, sur une base quotidienne, une dose de 400 unités internationales (UI) de vitamine E; l’autre groupe a reçu un placebo.
Comme hypothèse de départ, les chercheurs ont retenu que les personnes qui consomment beaucoup de fruits et de légumes développent moins de cancer. Cet effet bénéfique pourrait être le fait des vitamines antioxydantes apportées par l’alimentation. L’équipe de la docteure Bairati a donc décidé d’analyser les effets d’un apport en vitamine E, sous la forme d’un supplément alimentaire, dans une population de patients à risque élevé de faire un second cancer.
Les principaux résultats de l’étude sont les suivants :
Bien qu’étonnants par rapport à l’hypothèse de départ, les résultats de cette étude s’inscrivent dans la perspective des autres études récemment publiées qui indiquent que la vitamine E, prise sous forme de supplément alimentaire, peut avoir des effets négatifs sur la santé. « Cette étude a été effectuée auprès d’un groupe de patients qui avaient un risque élevé de survenue d’un second cancer. Bien qu’il soit difficile de généraliser les résultats de l’étude à l’ensemble de la population, il apparaît raisonnable de recommander la prudence au sujet de la consommation de doses élevées de vitamine E sous forme de suppléments,» a expliqué la docteure Bairati.
L’équipe de chercheurs, dirigée par cette dernière, recommande donc à la population de faire preuve de prudence dans la consommation de vitamine E à doses élevées sur une période prolongée. Elle conseille plutôt une alimentation équilibrée qui comprend au moins cinq portions de fruits et de légumes par jour.
L’étude de la docteure Bairati a été subventionnée par l’Institut National du Cancer du Canada. Elle a aussi reçu l’approbation de Santé Canada et des comités d’éthique de chacun des hôpitaux participants. . -30-
Sources : Pierre Lafleur Direction des communications CHUQ Tél. : (418) 525-4387
Valérie Reuillard Relations avec les médias Université Laval Tél. : (418) 656-3952
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