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Communiqué de presse

L'épisiotomie médiane triplerait les risques de déchirures graves du périnée

Cité universitaire, Québec, le 27 mai 1994. Une étude réalisée par des chercheurs de la Faculté de médecine de l'Université Laval montre que l'épisiotomie médiane, une intervention chirurgicale très fréquemment pratiquée chez les patientes au moment de l'accouchement dans le but de faciliter la sortie du bébé et de prévenir les déchirures du périnée chez la mère, multiplie par trois les risques de déchirures sévères du périnée. L'épisiotomie médiane est réalisée en pratiquant une incision entre la vulve et l'anus. L'étude, réalisée par Michel Dallaire, Annie Tremblay, Lucie Baillargeon, Michel Labrecque, Jean-Jacques Pinault et Suzanne Gingras, a porté sur 6522 femmes qui ont accouché pour la première fois d'un enfant unique, à l'Hôpital du Saint-Sacrement de Québec, entre janvier 1985 et mai 1993.

Parmi les femmes à l'étude, 4390 (67,3%) ont subi une épisiotomie médiane, ce qui démontre que le recours à cette intervention est fréquent. Les médecins ont diagnostiqué des déchirures sévères du périnée chez 1 002 (15,4%) des 6522 patientes. Parmi les femmes qui ont subi une épisiotomie médiane au moment de l'accouchement, cette proportion est de 20,6% alors qu'elle est de 4,5% chez celles qui n'ont pas subi cette intervention. Une fois tous les autres facteurs pris en considération (forceps, ventouse, poids du bébé, expérience du médecin), le risque de connaître des déchirures graves du périnée à la suite d'un accouchement est approximativement trois fois plus élevé pour les femmes qui ont eu une épisiotomie que pour celles qui n'ont pas eu d'épisiotomie.

À l'Hôpital du Saint-Sacrement, on a observé, au cours des dernières années, une réduction importante des interventions médicales (épisiotomie, forceps) lors des accouchements par voie vaginale et la fréquence des déchirures graves du périnée a également diminué. En 1985- 1987, 78% des femmes qui accouchaient d'un premier enfant à cet hôpital subissaient une épisiotomie alors qu'en 1991-1993, il n'y en avait plus que 56% . Pendant la même période, la fréquence des déchirures graves passait de 17,2% à 12,6%. Les chercheurs concluent que si l'épisiotomie est restreinte aux cas où elle est vraiment justifiée, il y a réduction de l'incidence des déchirures du périnée.

Ces résultats ont été présentés dans le cadre de la 6e Journée québécoise de la recherche en médecine familiale qui se déroule aujourd'hui à Sainte -Foy. Organisé par le Département de médecine familiale de l'Université Laval, avec la collaboration de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec et le Groupe québécois de la recherche en médecine familiale, cet événement a pour thème ``Favoriser la recherche interdisciplinaire''. Le but de cette Journée est de favoriser les échanges entre les personnes de toutes disciplines intéressées par la recherche en soins de première ligne. Plus de 40 communications sont inscrites au programme de la journée.

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Pour information:

Lucie Baillargeon

Unité de recherche clinique

en médecine familiale du CHUL

(418) 654-2701

Jean Hamann

Conseiller en

communication scientifique

(418) 656-2571