Au fil des événements
 

23 mars 2006

   

Université Laval

Maryse Turcotte décroche l'or

L'étudiante en médecine et haltérophile remporte les grands honneurs dans la catégorie des 53 kilos aux Jeux du Commonwealth

par Yvon Larose
Maryse Turcotte, étudiante au doctorat en médecine à l'Université Laval et haltérophile de calibre international, espérait remporter la médaille d'or aux Jeux du Commonwealth, et ce, malgré un temps d'entraînement réduit, comparé à ce qu'elle avait l'habitude de faire. Comme elle était en pleine semaine d'examens, elle n'est arrivée à Melbourne, en Australie, que 24 heures avant sa compétition qui se tenait vendredi dernier, le 17 mars.

 

Malgré les contraintes, son souhait a été exaucé puisqu'elle a remporté la médaille d'or dans la catégorie des 53 kilos. Sa victoire, l'étudiante-athlète l'a obtenue en soulevant 80 kilos à l'arraché et 108 kilos à l'épaulé-jeté. Un total de 188 kilos qui constitue un nouveau record des Jeux.

"Sur le plateau après mon dernier épaulé-jeté, je suis restée cinq secondes immobile et j'ai fixé la salle en me disant que c'était peut-être une des dernières fois que je regardais une salle comme ça lors de grands Jeux, a déclaré Maryse Turcotte en conférence de presse. J'étais contente mais j'avais aussi un peu de tristesse. Après plusieurs années dans le sport, ça commence à ressembler à la fin pour moi et ce n'est pas facile à vivre." Elle a ajouté que sa médaille d'or représente beaucoup pour elle. "J'ai 31 ans, j'étudie en médecine et c'est vraiment difficile de combiner l'entraînement et mes études. J'ai relevé un gros défi en remportant cette médaille même si je ne suis pas dans les conditions idéales d'athlète. Je suis contente de l'avoir fait."

Depuis 1995, Maryse Turcotte s'est toujours classée parmi les sept premières de sa catégorie aux Championnats du monde. Ses meilleures performances à vie, elle les a réalisées aux Jeux olympiques d'Athènes, en 2004. Ses 90 kilos (198 livres) à l'arraché et ses 120 kilos (265 livres) à l'épaulé-jeté lui ont valu une onzième place. Outre ses deux participations olympiques, dont une quatrième place à Sydney, en Australie, en 2000, elle a récolté trois médailles aux Championnats du monde. Plus tôt cet hiver, elle déclarait au Fil que la recette de son succès tenait à deux choses: une énorme capacité de travail physique et une détermination à toute épreuve. "L'aspect génétique qui m'avantage est ma très grande capacité de travail, a-t-elle expliqué. Je peux m'entraîner deux fois par jour, à raison de deux heures et demie la séance, pendant cinq jours. Et si mon entraîneur me demande de faire une onzième séance d'entraînement pendant la fin de semaine, je peux le faire." Selon elle, il faut être capable de s'entraîner suffisamment longtemps pour développer la force. "Mais l'entraînement est quelque chose de difficile et d'exigeant. C'est un gros défi de s'améliorer, tant au niveau technique qu'en flexibilité et en puissance."

Maryse Turcotte a eu son premier contact avec l'haltérophilie en 1991, à l'âge de 15 ans. Pour la jeune sportive accomplie, ce fut le coup de foudre. "Jusque-là, racontait-elle au Fil, j'avais pratiqué régulièrement plusieurs sports, notamment le soccer. J'ai tout de suite aimé l'haltérophilie. Cet univers sportif était à l'opposé de ce que j'avais connu. J'avais fait beaucoup de sport depuis l'âge de cinq ans, ce qui fait que, dès mes débuts, mes jambes étaient très fortes comparées aux autres filles et même aux garçons de mon âge. Un an plus tard, j'avais dit à mon entraîneur qu'un jour je gagnerais une médaille aux Championnats du monde!"