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9 mars 2006

   

Université Laval

Un sommet historique

Soixante-quatorze pour cent des nouveaux inscrits à la Faculté de médecine sont des femmes

par Jean Hamann

Les statistiques dévoilées par la Faculté de médecine indiquent que 74 % des nouveaux étudiants inscrits au programme de médecine sont des femmes. Il s'agit d'une hausse d'environ cinq points de pourcentage sur les taux enregistrés en 2003 et 2004 et, du coup, un nouveau sommet historique. Longtemps un fief masculin - 65 % des médecins québécois en pratique sont des hommes -, le corps médical est en voie de féminisation rapide. Chez les moins de 40 ans, 60 % des médecins sont des femmes.

La représentation féminine parmi les nouveaux inscrits provenant directement des cégeps atteint même 80 % à Laval cette année. Chez les candidats provenant des programmes universitaires ou du marché du travail, la proportion de femmes se situe à 64 %. La prévalence des femmes parmi les étudiants de médecine "illustre de façon frappante une réalité de l'évolution de notre société", commente Évens Villeneuve, président du comité d'admission au programme de doctorat en médecine. "Cette proportion femme/homme est plus élevée au Québec que dans l'ensemble du Canada", ajoute-t-il.

L'écart homme/femme se manifeste avant même que le processus universitaire de sélection ne soit enclenché puisque 60 % des 1 508 demandes d'admission en médecine adressées à l'Université en 2005 provenaient d'étudiantes. La première étape de sélection, basée sur la cote de rendement (la performance lors des études antérieures), a réduit la liste des candidats à 710, dont 63 % de femmes. Les candidats qui satisfont les exigences minimales de rendement sont invités à rédiger une note autobiographique standardisée qui permet d'évaluer l'aptitude à communiquer, l'autonomie, l'initiative, le leadership, l'esprit d'équipe et l'altruisme. Enfin, les candidats prennent part à une séance de mise en situation qui sert à évaluer les habiletés à communiquer, l'ouverture d'esprit, la gestion des émotions, la capacité d'aide, l'initiative et le jugement dans le cadre de mises en situation. Les femmes représentent 64 % des 544 candidats qui ont participé à cette étape du processus de sélection.

L'impact des résultats scolaires
Si le pourcentage de femmes parmi les nouveaux étudiants grimpe à 74 %, ce n'est pas parce que les deux dernières étapes favorisent les étudiantes. "Les hommes performent aussi bien que les femmes à l'étape de la note biographique standardisée et des appréciations de performance par simulation", affirme Guy Labrecque, conseiller à la gestion des études à la Faculté de médecine. "Par contre, la cote de rendement des candidates dépasse celle des hommes, ce qui les place en meilleure position pour recevoir une offre d'admission. À titre d'exemple, 16 des 20 candidats qui avaient les meilleures cotes de rendement en 2005 sont de femmes", souligne-t-il. Bref, non seulement y a-t-il plus de filles que de garçons inscrits dans les programmes collégiaux conduisant à la médecine, mais elles obtiennent de meilleurs résultats scolaires.

Les quatre facultés de médecine du Québec ont entrepris une réflexion pour standardiser leur processus d'admission. "Il va y avoir des changements dès 2007 ou 2008 dans chaque université, souligne Guy Labrecque. Cette opération n'a pas pour but de changer le ratio homme/femme, mais d'uniformiser la procédure de sélection afin de choisir les meilleurs candidats possibles", précise-t-il.

Par ailleurs, les universités québécoises pourraient réserver des places à des candidats autochtones dès 2007. Cette initiative fait suite à une recommandation de l'Association des facultés de médecine du Canada formulée en 2004 qui vise à augmenter le nombre de diplômés autochtones en médecine. L'Université Laval dirige cette démarche pour les quatre facultés de médecine québécoises. Selon le scénario à l'étude, le nombre de places réservées aux étudiants autochtones se situerait entre six et dix par année dans tout le Québec. Le gouvernement n'a pas encore fait savoir s'il ajusterait le quota d'inscriptions à la hausse pour tenir compte de ce nouveau programme ou si ces places devront provenir du quota actuel.