Au fil des événements
 

9 mars 2006

   

Université Laval

Le courrier

Le recteur répond à la lettre ouverte de l'ACC du CR du CHUL

Monsieur le Directeur,

Dans votre dernière édition, le Président de l'Association des chercheurs et chercheur(e)s (ACC) du Centre de recherche du CHUL, M. Pierre Julien, publiait une "Lettre ouverte à la communauté" sur la question de la propriété intellectuelle. Monsieur Julien exprimait, sur cette question, une position différente de celle que j'exposais dans mon dernier message à la communauté.

Dans ce message, j'écrivais que "La toute dernière version de la politique [sur la propriété intellectuelle] sera présentée très bientôt au Conseil syndical du SPUL pour approbation. Elle propose que la propriété intellectuelle des inventions soit initialement conjointe (UL-chercheur) et ensuite transférée à l'Université en vue de la commercialisation; les bénéfices de cette opération étant partagés moitié-moitié entre le chercheur et l'Université." J'ajoutais, après avoir fait référence à certains chercheurs qui s'opposent toujours à cette proposition que "Personnellement, considérant que les chercheurs sont payés à même les fonds publics et que la recherche est subventionnée par l'État, il me semble que le compromis proposé est acceptable et j'espère qu'il sera accepté."

Monsieur Julien, comme c'est son droit, s'oppose à ce compromis. Toutefois, il est difficilement acceptable, comme il l'a fait dans sa lettre, qu'il qualifie de désinformation les positions qui sont différentes de la sienne. Il n'est guère plus acceptable qu'il utilise des mots comme attitude oppressive, abusive et irrespectueuse à l'endroit de la direction de l'Université Laval qui, en toute bonne foi et au nom de l'intérêt de l'Université et de la société qui la soutient, a réussi à en arriver à une entente négociée avec le SPUL sur cette question de la propriété intellectuelle.

MICHEL PIGEON
Recteur

L'épicerie-école de Sobeys: un projet génial

Lorsque j'ai appris que l'Université Laval avait finalement réussi à convaincre une importante entreprise canadienne de distribution alimentaire de construire une épicerie-école sur le campus, un vieux souhait venait de se concrétiser. Ce projet, unique au monde, permettra d'offrir une formation pratique à des centaines d'étudiants de premier cycle en consommation, marketing, distribution alimentaire, génie, horticulture, etc. en plus de permettre à des dizaines d'autres d'y effectuer des études de 2e et 3e cycles.

J'imagine déjà des études sur les habitudes alimentaires des Québécois afin d'en améliorer la nutrition, sur des emballages plus écologiques, sur la conservation des fruits et légumes, sur l'innocuité des viandes, sur la réduction de la consommation énergétique. J'imagine que dans 10 ans, des étudiants et des chercheurs du monde entier viendront à l'Université Laval pour en connaître davantage sur cette formule originale et structurante.

Ce projet se compare à celui du pavillon Envirotron, inauguré en 1993 et majoritairement financé par le secteur privé (Provigo, Daishowa, Petro Canada, Industries Harnois, et plusieurs autres). Ce projet, contesté initialement, a permis aux membres du Centre de recherche en horticulture de diplômer plus de 500 étudiants gradués à la maîtrise et au doctorat, dont environ 150 provenant de l'étranger. Tous les mémoires et toutes les thèses ont été publiés et les données sont disponibles pour le bénéfice de tous, même si la majorité du financement provenait du secteur privé.

Les commentaires négatifs sont nettement exagérés, à croire que l'Université s'apprête à construire un casino ou encore pire un restaurant de malbouffe. Il ne s'agit en fait que d'une épicerie qui n'est en soi aucunement différente d'autres services commerciaux déjà présents sur le campus, soit une caisse populaire, un salon de coiffure, une compagnie de location de voitures ou divers magasins.

Bravo au professeur Jean-Claude Dufour et merci à la Famille Sobeys.

ANDRÉ GOSSELIN
Professeur d'horticulture, Département de phytologie,
Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation

L'ONU et la balkanisation de la République démocratique du Congo

La paix en République démocratique du Congo (RDC) semble loin d'être une réalité puisque l'ONU a un penchant pour un groupe ethnique non congolais d'origine à qui elle veut donner un espace territorial au détriment des autochtones. L'idée de balkaniser la RDC ne date pas d'aujourd'hui. Cet article veut montrer que l'ONU a une part de responsabilité dans le chaos en RDC, chaos qui compromettra le processus de paix.

À la veille de son indépendance, le Congo a connu des sécessions qui ont plongé le nouvel État dans un chaos total. Le discours du premier ministre Lumumba qui rappelle les méfaits de la colonisation n'est pas le seul mobile qui justifie l'appui des États-Unis, de la Belgique et de la France à la balkanisation du pays. La province du Katanga se sépare sous Tchombe, et Kalonji veut faire du Kasaï un État indépendant. À cet appui s'ajoute celui des multinationales minières. Par ailleurs, taxer Lumumba de communiste ne justifie pas cette situation même si, à sa mort, ces puissances occidentales obligèrent Tchombe et Kalonji à abandonner leur rêve de créer un État indépendant et de se rallier au gouvernement central. Par des calculs stratégiques politiques et économiques, l'unité du pays devient importante pour ces puissances. Les Casques bleus (ONUC) furent envoyés pour mettre fin à ce rêve sécessionniste.

Pendant la guerre froide, Mobutu, avec la bénédiction de ces mêmes puissances, prend le pouvoir par un coup d'État et devient vite le chouchou des Occidentaux à qui l'on a donné un chèque en blanc pour la gestion du pays pourvu que les richesses du Zaïre ne tombent pas entre les mains des pays communistes. Le droit, la justice, le bien-être de la population, le développement du pays seront sacrifiés pour assouvir les besoins de ces puissances.

Avec la fin de la guerre froide et le démantèlement de l'URSS, Mobutu devient inutile après avoir rendu des services à ses chefs au détriment de sa propre population. L'État est presque inexistant, la misère est à son comble, la corruption Bref, peu de Zaïrois sont fiers de l'être: leur identité a subi un choc. C'est à ce moment propice de désarroi que l'invasion du Zaïre est organisée par les États-Unis, la Belgique, la Grande-Bretagne, le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi. En plus, pendant son règne, Mobutu s'est fait des ennemis parmi les pays voisins. Ceux-ci ont aussi participé à son éviction de la présidence.

L'ONU intervient avec la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) dirigée par l'Américain William Swing. Elle a, parmi ses mandats, celui d'obliger les Congolais à créer un territoire autonome pour les réfugiés Tutsi rwandais dans les zones d'Uvira, Fizi et Mwenga à l'Est de la RDC au détriment des autochtones. Les autorités congolaises sont actuellement harcelées non seulement par ce chef de la MONUC, mais aussi par des ONG internationales et certains membres du Comité international d'accompagnement de la transition (CIAT). Ce territoire, appelé Minembwe, est plus grand que le Rwanda. Et si chaque ethnie demandait un territoire autonome, qu'adviendra-t-il de la RDC?

Avec un tel agenda, l'idée de créer un "tutsiland" en RDC existe toujours. L'ONU devient alors exécutant malgré son échec au moment d'exiger la liste fermée dans la loi électorale pour favoriser les ressortissants rwandais à briguer des postes de responsabilité en RDC. La stratégie d'annexer le Kivu au Rwanda par les armes a aussi échoué. Avec la création d'un territoire autonome, le "tutsiland", la paix s'envole en fumée puisque les autochtones n'abandonneront pas leurs terres comme en témoignent les lettres des sénateurs et députés ressortissants du Kivu. Nous risquons alors de vivre une espèce de guerre israélo-palestinienne en RDC.

CHARLES KATEMBO
Diplômé de l'Université Laval



Travailler à l'Université pour donner

Il y a déjà deux ans, j'entreprenais ma retraite, après une carrière de 33 ans à l'Université Laval. Pendant les premiers mois de la retraite, les expériences et les différentes situations vécues durant la vie professionnelle décantent lentement. Les meilleures restent en surface, les moins bonnes, fort heureusement, disparaissent graduellement. Le but de cette lettre ouverte est de vous communiquer la principale chose qui me reste en tête, après deux ans à la retraite: dans la vie, quand on peut avoir un impact positif, une influence bénéfique, ne serait-ce que sur une seule personne, on a fait quelque chose de bien. À l'Université Laval, les gens en place et en fonction peuvent avoir, directement ou indirectement, une influence sur plusieurs personnes, les personnes sous leur responsabilité, évidemment, mais principalement sur de jeunes étudiantes et sur de jeunes étudiants. Quelle chance j'ai eue. Quelle chance vous avez. Bons succès dans vos fonctions respectives.


JEAN-CLAUDE MÉTHOT
Professeur retraité, fier membre de l'ARUL