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Du cyclisme utilitaire en milieu urbain
Univert Vélo propose un tracé de piste cyclable
pour le 400e anniversaire de la ville de Québec
par Yvon Larose
Pour souligner, en 2008, le 400e anniversaire de fondation
de la ville de Québec, Univert Vélo, le regroupement
qui fait, à l'Université Laval, la promotion du
vélo comme moyen de transport, y va d'une proposition
qui se veut à la fois utile, accessible au plus grand
nombre, riche en symboles et réaliste sur le plan du financement.
Il propose la construction, au coût d'un million de dollars,
d'une piste cyclable reliant la cité universitaire au
Vieux-Québec via le boulevard René-Lévesque,
et utilisable douze mois par an.
L'annonce a été faite le mardi 15 mars lors d'un
"cinq à sept" au Pub universitaire, dans le
cadre de la Semaine de l'environnement à l'Université
Laval. Le tracé proposé commencerait un peu avant
le campus, sur la piste cyclable déjà existante
du boulevard Hochelaga. Après avoir traversé la
cité universitaire et être passée devant
les pavillons Paul-Comtois et Alphonse-Desjardins, la piste cyclable
emprunterait le boulevard René-Lévesque et ce,
jusqu'à l'Hôtel de Ville de Québec, à
l'intérieur de l'arrondissement historique. Deux autres
options sont envisagées. L'une d'elles consisterait à
faire bifurquer la piste cyclable à la hauteur du Collège
Saint-Charles-Garnier. Le tracé commencerait à
la rue Père-Marquette et serait parallèle au boulevard
René-Lévesque. Il aboutirait au Vieux-Québec
notamment après avoir emprunté la rue Saint-Gabriel.
"L'infrastructure proposée relierait l'Université
avec ses origines qui se trouvent au Petit Séminaire de
Québec, ce qui correspondrait à la conception que
se fait le maire L'Allier d'un projet en lien avec nos origines
françaises, explique Véronique Bouchard, finissante
au baccalauréat en agronomie et co-fondatrice d'Univert
Vélo. La piste serait aussi un symbole d'unification de
la nouvelle ville fusionnée et un symbole de développement
écologique en lien, par le côté non polluant
du cyclisme, avec le protocole de Kyoto sur la réduction
des émissions de gaz à effet de serre. Mais surtout,
le projet s'alignerait sur ce qui existe déjà dans
plusieurs grandes villes d'Europe et d'Amérique du Nord
où l'on trouve de nombreux et vastes espaces citoyens
en milieu urbain." Le projet a reçu l'appui des organismes
Vivre en ville, Accès transports viables, Promo Vélo
et Univert Laval, le groupe environnemental formé principalement
de membres de la communauté universitaire. La stratégie
de promotion dévoilée lors du "cinq à
sept" consiste à aller chercher des appuis, à
présenter le projet au Conseil de ville de Québec
et à faire parler du projet sur le plus de tribunes possibles.
"Ce que nous voulons, dit-elle, c'est un axe direct comme
à Vancouver, Toronto et Montréal. Dernièrement,
la Ville de Montréal annonçait l'ajout de 1,5 million
de dollars à son réseau de pistes cyclables utilitaires."
Des exemples éloquents
Les Européens, les Scandinaves et les Français
en particulier, se démarquent en matière de transport
urbain par vélo. Strasbourg, par exemple, possède
un réseau de plus de 300 kilomètres de voies cyclables.
Le cas de la ville suédoise d'Uppsala est particulièrement
intéressant puisqu'on y trouve une population étudiante
de quelque 38 000 personnes, soit l'équivalent de celle
de l'Université Laval. Dans cette ville, la majorité
des étudiants universitaires se déplacent à
bicyclette. "En dépit des rigueurs du climat nordique,
les Scandinaves sont de ceux qui supportent le plus le cyclisme
utilitaire, indique Véronique Bouchard. La contrainte
du climat, souvent évoquée, ne tient donc pas,
comme le prouve d'ailleurs la ville de Vancouver où le
nombre de cyclistes sur les routes principales menant au centre-ville
a presque doublé de 1993 à 1995. En 1998, la ville
comptait presque 100 kilomètres de pistes cyclables."
Outre la rigueur du climat hivernal à Québec, l'autre
facteur dissuasif habituellement évoqué est le
manque de sécurité, une situation due à
l'absence d'un véritable circuit cyclable utilitaire.
"Ici comme ailleurs sur le continent, le développement
urbain est centré sur l'automobile et le cyclisme est
d'abord perçu comme une activité récréative
familiale, non comme un moyen de transport comme en Europe, souligne
Véronique Bouchard. Il est donc nécessaire de fournir
des voies sécurisées bien délimitées
pour augmenter la masse des adeptes du vélo utilitaire."
Univert Vélo a vu le jour il y a un an. Ce sous-groupe
d'Univert Laval a quelque 70 personnes sur sa liste d'envois-courriels.
Les projets à venir comprennent, entre autres, des conférences,
des ateliers mécaniques et l'installation de casiers sécurisés
pour les bicyclettes de valeur. On prévoit également
rendre disponibles des trousses d'outils afin de permettre aux
cyclistes d'effectuer des réparations mineures lorsqu'ils
sont sur le campus.
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