|
Traitement du cancer de la prostate
Nouveau test diagnostique
Une étude multicentrique dirigée
par le Centre de recherche en cancérologie démontre
l'efficacité d'un test faisant appel à un ARN spécifique
à ce type de cancer
par Jean Hamann
Un article publié dans un récent numéro
de Urology par une équipe multicentrique laisse
présager qu'un test mis au point par DiagnoCure, une entreprise
biotechnologique de la région de Québec, pourrait
combler les lacunes du test le plus utilisé présentement
pour diagnostiquer le cancer de la prostate, et peut-être
même le remplacer un jour. Ce nouveau test, appelé
uPM3, permet de diagnostiquer le cancer de la prostate avec beaucoup
plus de spécificité que le test du PSA sanguin
(Prostate Specific Antigen), présentement utilisé
en clinique, révèle l'étude menée
auprès de 517 hommes.
Le test uPM3 permet de conclure correctement à la présence
ou à l'absence du cancer de la prostate dans 81 % des
cas, alors que la performance du test du PSA sanguin s'établit
à 45 %, a démontré l'équipe dirigée
par Yves Fradet, professeur à la Faculté de médecine,
directeur du Département de chirurgie, membre du Centre
de recherche en cancérologie de l'Université, et
également directeur scientifique chez DiagnoCure. Le test
uPM3 détecte la présence d'un gène associé
au cancer de la prostate, le PCA3, dans un échantillon
d'urine obtenu après palpation de la prostate par un médecin.
Cette procédure libère des cellules de la prostate
qui se retrouvent ainsi dans l'échantillon d'urine servant
aux analyses.
Le gène PCA3 est surexprimé dans 95 % des cas de
cancer de la prostate, ce qui explique pourquoi il est plus spécifique
que le test du PSA sanguin. "Vingt pour cent des hommes
qui ont un PSA normal ont un cancer de la prostate, souligne
Yves Fradet. Inversement, environ 75 % des hommes qui ont un
PSA élevé n'ont pas de cancer."
Droits mondiaux exclusifs
Le professeur Fradet est responsable de la conception du
test uPM3 qui a été développé par
DiagnoCure. Cette compagnie de Québec détient les
droits mondiaux exclusifs sur les applications diagnostiques
et thérapeutiques du gène PCA3. DiagnoCure a accordé
une licence de commercialisation pour un test de dépistage
du gène PCA3 à la compagnie américaine Gen-Probe.
Elle recevra des redevances de 16 % sur les ventes, sauf pour
les premiers 50 M$ où le taux sera de 8 %. Le test devrait
être mis en marché au milieu de l'année 2005
et les projections optimistes établissent son marché
potentiel à environ 8 milliards de dollars par an.
Seule ombre au tableau, chaque test uPM3 coûte 100 $, alors
que les tests de PSA sanguin valent entre 5 $ et 50 $. Par contre,
comme l'uPM3 offre une meilleure performance, il réduit
considérablement le nombre de biopsies pratiquées
inutilement sur des hommes qu'on croit faussement atteints du
cancer. Cette plus grande spécificité se traduirait
non seulement par des économies substantielles pour le
système de santé, mais aussi par des millions d'heures
de stress, d'anxiété et d'angoisse en moins pour
les hommes qui subissent un test de dépistage du cancer
de la prostate.
|

|
|