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«Ouvrons les portes aux immigrants»
Pour Jean-Paul L'Allier, l'avenir de la ville de Québec
passe par l'accueil
par Renée Larochelle
Attirer les immigrants à Québec et tout mettre
en uvre pour qu'ils y restent: tel est le défi que devra
relever la ville de Québec dans les prochaines années,
si elle veut non seulement vivre mais survivre. Sinon, c'est
la mort à petit feu qui guette, la population vieillissante
s'asphyxiant peu à peu à peu dans les gaz lénifiants
des mentalités fermées et du manque d'ouverture.
C'est le message qu'a livré le maire de Québec,
Jean-Paul L'Allier, lors d'une conférence organisée
par le Département de science politique, le 21 octobre.
"Trois mille immigrants par année, c'est ce dont
la ville a besoin pour continuer à se développer,
a déclaré Jean-Paul L'Allier. À cet égard,
nous sommes face à un choix: ou bien nous ouvrons les
portes aux immigrants et nous les accueillons dans les règles
de l'art, ou nous continuons à nous replier sur nous-mêmes."
Sans aller jusqu'à qualifier les citoyens de la ville
de Québec de xénophobes, Jean-Paul L'Allier parle
d'"intolérance sournoise" envers les immigrants,
qui ne sont pourtant pas légion à Québec.
Qu'en serait-il si leur nombre était plus élevé,
comme c'est le cas à Montréal, par exemple? "On
a beau avoir un discours ouvert, on vit dans une société
fermée", estime Jean-Paul L'Allier. "D'où
l'importance d'ouvrir les mentalités pour que notre ville
retienne les personnes qui sont venues s'y établir par
choix. Elles ne demandent pas mieux que d'y demeurer, si seulement
certaines conditions étaient mises en place pour leur
faciliter l'existence."
Un échec collectif?
Le maire L'Allier a eu l'occasion de faire valoir sa vision
d'une société axée sur la diversité
lors de la période de questions ayant suivi la rencontre,
un immigrant ayant fait part de son sentiment de découragement
face à sa difficile intégration sur le marché
du travail à Québec. Arrivé il y a quatre
ans de son Mexique natal, avocat de formation, ce père
de deux enfants a expliqué qu'il songeait sérieusement
à retourner dans son pays, faute d'avoir trouvé
un emploi dans son domaine. "Vous témoignez ici de
notre échec collectif", a lancé Jean-Paul
L'Allier, qui a résumé en une phrase-choc la destinée
tragique de l'immigrant cherchant à se faire une place
au soleil dans la capitale nationale: "Le poste que vous
convoitiez a été comblé une demi-heure avant
votre arrivée à Québec et sera disponible
la journée où vous partirez."
À la soixantaine d'étudiants et d'étudiantes
présents à sa conférence, Jean-Paul L'Allier
a en quelque sorte remis les clés de la ville, réitérant
sa confiance à ceux qui ont compris que l'avenir reposait
entre les mains des gens actifs et ancrés dans la réalité.
"À l'Université, vous côtoyez tous les
jours des étrangers envers lesquels vous faites preuve
d'ouverture. Conservez cette attitude accueillante quand vous
aurez quitté le campus. De cette façon, vous contribuerez
à votre tour à bâtir la société
de demain."
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