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3 juin 2004

   

Université Laval

Harry Potter ou le déclic de la lecture

Le populaire sorcier contribuerait à éloigner le spectre du décrochage scolaire

On savait que la lecture ouvrait les portes de l'imaginaire et de la connaissance. Avec Harry Potter dans le décor de la littérature pour enfants, ce sont des murs entiers qui s'écroulent sous la poussée de la curiosité et de l'intérêt de millions de filles et de garçons dans le monde. Qui plus est, le célèbre personnage à lunettes rondes pourrait bien représenter une solution au décrochage scolaire des garçons au Québec. Telle est la conclusion préliminaire d'une étude menée par Pierre W. Bélanger, professeur retraité de la Faculté des sciences de l'éducation.

«L'idée de faire lire Harry Potter à des élèves afin de voir si cela améliorerait leurs résultats scolaires en français nous est venue lors de la sortie du premier tome, explique Pierre W. Bélanger. Nous avons ainsi comparé les résultats en français de deux classes de 5e année, issues de milieux défavorisés de la région de Québec. L'une des classes suivait le programme régulier du ministère de l'Éducation, tandis que l'autre lisait Harry Potter à l'école des sorciers. En bout de ligne, les garçons qui ont lu Harry Potter ont accru leur moyenne de 34,1 points entre le premier et le second examen. Ceux qui étaient dans la classe régulière n'ont amélioré leur score que de 25,3 points.»

Fait intéressant, les garçons qui se délectaient des mésaventures d'Harry Potter ont obtenu des notes plus élevées que les filles de leur classe. Le populaire sorcier serait-il en passe de sortir les jeunes Québécois du bourbier du décrochage? «Il est certain que la lecture améliore les résultats scolaires et que de meilleurs résultats scolaires amènent l'élève à développer une plus grande estime de soi, remarque Pierre W.Bélanger. Plus on est motivé à l'école et moins on décroche. C'est une roue qui tourne.»

Au Québec, le décrochage scolaire touche deux fois plus de garçons que de filles. Selon plusieurs études, le décrochage serait relié aux aptitudes en lecture. Comme dans les livres de J.K Rowling, l'aventure ne s'arrête pas là. En effet, d'ici quatre ou cinq ans, Pierre W. Bélanger a l'intention de contacter à nouveau les élèves concernés afin de mesurer leur taux de décrochage. Une histoire à suivre, c'est le cas de le dire.

RENÉE LAROCHELLE