Au fil des événements
 

18 mars 2004

   

Université Laval

La CADEUL et l'AELIÉS réclament le maintien du gel des frais de scolarité


Le 11 mars, la CADEUL (Confédération des associations d'étudiants et étudiantes de l'Université Laval) a présenté son mémoire aux membres de la Commission parlementaire sur la qualité, l'accessibilité et le financement des universités. La Confédération croit qu'il faut limiter au minimum l'endettement des diplômés. Dans ce but, elle prône à terme une véritable gratuité scolaire avec, comme préalable, le maintien du gel des frais de scolarité. Cette gratuité devrait être renforcée par un régime d'aide financière adéquat qui permettrait à l'étudiant de se consacrer exclusivement à ses études. Un cadre législatif stable baliserait ces mesures.

La CADEUL recommande par ailleurs le non-renouvellement des contrats de performance signés avec le gouvernement. Elle propose la mise en place d'une nouvelle formule de financement où l'État couvrirait tous les coûts fixes des établissements et ce, nonobstant les fluctuations de l'effectif étudiant. Pour le financement de source privée, la Confédération croit que le partenariat avec le secteur privé ne devrait pas orienter la recherche universitaire au point de supplanter la recherche fondamentale ou la recherche libre. En ce sens, elle demande au gouvernement de hausser sans conditions les sommes attribuées à ces deux types de recherche. La CADEUL propose aussi la mise en place de politiques institutionnelles définissant de façon claire la propriété intellectuelle et les retombées financières engendrées par un partenariat avec le secteur privé.

Trois scénarios
L'AELIÉS (Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures) présentera son mémoire le 29 mars. Le document propose trois scénarios dans le dossier de l'accessibilité aux études, soit implanter la gratuité scolaire moyennant un investissement de 300 millions de dollars, maintenir le gel des frais de scolarité, et créer un système d'impôt postuniversitaire. L'investissement en question servirait à couvrir les frais de scolarité actuels parallèlement au maintien du programme d'aide financière aux études. Le gel des frais de scolarité, lui, devrait être accompagné d'une loi-cadre qui régirait les frais non réglementés, notamment les frais afférents et les frais de gestion. Dans le même esprit, il est recommandé de mettre en place un système de remboursement proportionnel au revenu des dettes d'études.

L'AELIÉS croit que la recherche fondamentale et le soutien aux chercheurs individuels devraient se voir réservée une partie des subventions de recherche. L'Association demande par ailleurs au gouvernement de reconnaître officiellement le statut d'étudiant-chercheur en lui accordant le droit à la propriété intellectuelle. Ce droit devrait être accompagné par un financement de base. En ce qui concerne les études doctorales, l'AELIÉS demande que tous les programmes puissent offrir des charges de cours aux étudiants afin que ceux-ci acquièrent une expérience d'enseignement. Dans un esprit de transmission de l'expertise, il est proposé au gouvernement de mettre en place un système de mentorat pour faciliter la transition entre l'ancienne et la nouvelle génération de professeurs.

YVON LAROSE