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11 décembre 2003

   

Université Laval

Pour un milieu scolaire sain et sécuritaire

Le Réseau canadien pour la prévention de la violence à l'école lance son site Web

Le Réseau canadien pour la prévention de la violence à l'école vient de franchir une étape importante de son développement avec la mise en activité d'un site Web bilingue (www.rcpve.fse.ulaval.ca). "Le site doit être vu comme un service à la communauté, explique Égide Royer, directeur du Réseau, professeur titulaire au Département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage, et membre du CRIRES (Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire de l'Université Laval). Nous ne serons pas le 9-1-1 de la violence à l'école au sens où nous nous n'interviendrons pas dans les établissements. Nous serons plutôt l'équivalent du service Info-Santé. Par exemple, la directrice d'une école primaire peut nous contacter pour un problème de violence dans la cour de récréation. À partir de la banque documentaire, nous pourrons l'orienter vers des écoles où l'on a implanté avec succès un programme qui prévient ou qui permet de composer avec cette problématique."

Le site donne accès aux résultats des recherches les plus récentes dans le domaine. Il y a quelques jours, on y trouvait un article publié dans une revue américaine sur de jeunes enfants qui démontrent des signes de comportement asocial et de dépression après avoir subi de la violence physique ou verbale à la maternelle. Le site rend aussi disponibles les pratiques exemplaires (success stories) dans le domaine. Et ces pratiques sont nombreuses au Canada, souligne Égide Royer. "Plusieurs écoles au Québec ont implanté avec succès un programme de médiation par les pairs par lequel des enfants deviennent des régleurs de conflits, indique-t-il. Un bon plan de surveillance et d'animation des cours de récréation par des adultes en est un autre. Il existe aussi une méthode américaine faite sur mesure et très efficace pour les enfants agressifs à la maternelle."

Un phénomène à la hausse
Le Réseau canadien pour la prévention de la violence à l'école a vu le jour dans la foulée de la Deuxième Conférence mondiale sur la violence à l'école. En mai dernier à Québec, cette rencontre avait attiré quelque 550 participants en provenance d'une trentaine de pays. Le Réseau compte actuellement quelque 200 membres à travers le Canada. Il s'adresse à toute personne qui, de près ou de loin, s'intéresse à, ou doit composer avec la problématique de la violence à l'école. Le Réseau entend répondre à un besoin urgent formulé par les intervenants des milieux scolaires. Ses objectifs consistent à étudier, à comprendre et à documenter la prévention du phénomène.

Insultes, vols, menaces verbales, extorsion (taxage), bagarres, gangs, armes, vandalisme, harcèlement après une rupture amoureuse, intimidation, les conduites violentes à l'école, principalement entre jeunes mais aussi parfois envers les enseignants, ont connu une hausse significative depuis une quinzaine d'années et ce, tant au Québec que dans le reste du monde.

Selon Égide Royer, les comportements agressifs s'observent très tôt. "Au Québec, dit-il, en moyenne un à deux enfants par classe de maternelle (entre 18 et 20 enfants) ont un comportement pratiquement incontrôlable." Il rappelle cependant que dans les écoles, 80 % des élèves ne présentent aucun problème de conduite agressive lorsqu'ils sont encadrés par des règles de conduite claires. Un autre 15 % sont à risques et ont besoin d'un bon encadrement. Les 5 % restants ont un comportement agressif qui handicape leur présence à l'école. "Nous avons une base d'expertise et nous savons à peu près quoi faire avec les 5 % et à peu près comment prévenir ces comportements, soutient-il. Globalement, on sait à peu près quoi faire pour faire de l'école un lieu où l'on peut promouvoir la résolution pacifique des conflits. Mais l'information vers les milieux de pratique ne circule pas très bien."

YVON LAROSE