Au fil des événements
 

11 décembre 2003

   

Université Laval

Tour du chapeau

Clio dell'arte propose un voyage
dans le monde du couvre-chef féminin

Les deux associées de l'entreprise Clio dell'arte, Catherine Ferland, finissante au doctorat en histoire, et Annie Breton, diplômée en histoire et en muséologie, adorent les chapeaux. Pas simplement l'hiver pour se protéger du vent mauvais et de la neige, mais aussi l'été, le printemps et l'automne, simplement par plaisir. «Le côté ancien du chapeau m'attire, et puis cela complète la tenue et ça donne un aspect vraiment féminin», remarque Annie Breton la tête ornée d'un tricorne en feutre décoré d'une grande plume. Après avoir monté une exposition l'an dernier autour du docteur Jekyll et de l'époque victorienne, les deux complices récidivent en présentant un survol historique du couvre-chef féminin. De l'époque médiévale au «casque à poil» des années 1970, on peut voir le chapeau sous toutes ses coutures jusqu'au 20 décembre, à la salle d'exposition de la Bibliothèque générale au pavillon Jean-Charles-Bonenfant.

Éprises d'histoire tout autant que de chapeaux, Annie Breton et Catherine Ferland veulent faire rêver les visiteurs, bien sûr, mais aussi les pousser à réfléchir sur les significations sociales de cet objet. «Il y a un siècle, une femme devait absolument sortir la tête couverte, car celles qui ne portaient ni chapeau, ni coiffe, ni mantille passaient pour des femmes de mauvaise vie», précise Annie Breton. Apparemment, cette convention sociale s'enracine dans le catholicisme puisque, à l'église, l'assistance féminine devait être coiffée en signe de soumission à l'homme.

Des chapeaux plein la tête
L'exposition ne se contente pas de montrer des images des couvre-chefs d'autrefois. Aiguilles et ciseaux en main, les deux historiennes ont abandonné un temps les livres et les gravures pour se lancer dans leur propre confection de chapeaux, à l'instar des modistes d'antan. Elles ont ainsi fabriqué une dizaine de modèles, inspirés des modes passées comme celle du hennin, ce grand cône pointu du Moyen ge agrémenté d'un voile, ou ce tricorne avec de véritables plumes d'autruche de plus de un mètre de haut tout droit venu de l'époque de la reine Marie-Antoinette.

«À la fin du 18è siècle, mais aussi vers 1900, les chapeaux atteignaient des proportions assez caricaturales, puisque leur largeur dépassait celle des épaules, raconte Annie Breton. En plus, la décoration était surchargée de plumes, de rubans, de fleurs. Imaginez l'effet lorsque ces dames assistaient à une pièce de théâtre!» L'exposition présente également des chapeaux de fourrure revenus à la mode dans les années 70, prêtés par des particuliers, ainsi que quelques couvre-chefs des années 40 et 50 dénichés dans des magasins de vêtements usagés.

L'exposition sur les chapeaux lancée, Catherine Ferland et Annie Breton fourmillent de nouvelles idées pour faire découvrir l'histoire sous un nouveau jour. Depuis plusieurs mois, elles préparent le démarrage de leur entreprise Clio dell'Arte. "Nous voulons proposer des événements autour de thèmes historiques, qu'il s'agisse de bals, de pièces de théâtre, de mariages, indique la jeune directrice. Nous voulons aussi confectionner à la demande des costumes historiques et, bien sûr, des chapeaux!."

PASCALE GUÉRICOLAS