Au fil des événements  
 
 3 avril 2003

 Université Laval

L'ascension de Miss Doolittle

Une deuxième comédie musicale en 50 ans pour Les Treize: "My Fair Lady", de George-Bernard Shaw

"Eliza Doolittle, c'est un peu moi!" Contrairement à l'héroïne de My Fair Lady qu'elle incarne sur la scène, Marise Provencher n'arbore pas un accent cockney des faubourgs de Londres lorsqu'elle ouvre la bouche. Mais, comme la marchande de fleurs à qui elle prête vie, elle se sent un peu modelée et façonnée par les conseils que lui prodiguent, depuis plusieurs semaines, la metteure en scène Hélène Robitaille, sa professeure de chant et David Leboeuf, son partenaire de danse et de jeu, dans le spectacle musical que présente la troupe Les Treize, les 12 et 13 avril, au Théâtre de la Cité universitaire. "Je ne réalisais pas totalement l'importance du rôle lorsque nous avons commencé à répéter, indique l'étudiante en communication. Depuis, je m'y donne corps et âme, j'y pense jour et nuit, je pratique le tango et la valse tous les soirs, je prends des cours de chant."

Poussée à mettre les bouchées doubles pour jouer une Eliza crédible, Marise Provencher comprend très bien les états d'âme de cette jeune londonienne qui cherche à s'élever dans la société. Dans la comédie musicale, tirée de la pièce Pygmalion de George-Bernard Shaw, le professeur Higgins parie avec une de ses connaissances qu'il apprendra les bonnes manières à cette marchande que le hasard place sur son chemin. Après quelques leçons éprouvantes, l'expert en phonétique triomphe car les gens du grand monde prennent sa protégée pour l'une des leurs. Cependant, la situation se gâte lorsque Eliza Doolitle demande à son formateur de l'apprécier comme être humain.

Une troupe en action
"C'est une pièce bouleversante, soutient Hélène Robitaille car Eliza a un tel désir d'avoir accès au monde qu'elle touche beaucoup les spectateurs." Pour soutenir son propos, la metteure en scène a opté pour une vision résolument intimiste de la comédie musicale, qui se déroule autour de trois colonnes de brique à l'allure très "british". Les huit comédiens de la production se partagent donc les rôles principaux, ceux des figurants, mais ils changent aussi les décors au vu et au su des spectateurs, afin de vraiment donner l'impression de voir une véritable troupe en action. "Au départ, la mise en scène représente surtout un défi de direction d'acteurs, précise Hélène Robitaille. Je voulais travailler dans le plaisir, l'ironie. Ma plus grande joie, c'est de sentir le sourire d'intelligence de Shaw monter au visage des comédiens."

My Fair Lady a lieu sur la grande scène du TCU. La production mise donc avant tout sur le jeu des acteurs, plutôt que sur un décor à grand déploiement. Des acteurs qui chantent et dansent, bien sûr, comme dans toute comédie musicale qui se respecte. Les arrangements musicaux sont d'ailleurs l'oeuvre de l'étudiant qui joue le rôle du professeur Higgins et qui est à l'origine du projet, David Leboeuf. Une chorégraphe professionnelle, Karine Ledoyen, a réglé pour sa part les parties dansées. À quelques jours de la première, Marise Provencher a déjà des papillons dans l'estomac. Il faut dire qu'en plus de cinquante ans d'existence, c'est seulement la deuxième fois que Les Treize montent une comédie musicale.

La comédie musicale My Fair Lady est présentée les 12 et 13 avril au Théâtre de la Cité universitaire. Les billets sont à 10 $ en prévente et 12 $ à la porte du spectacle. Renseignements au Bureau des activités socioculturelles, local 2344, pavillon Alphonse-Desjardins.

PASCALE GUÉRICOLAS