Au fil des événements  
 
 13 mars 2003

 Université Laval

RUBRIQUE SPIRITUALITÉ

Le Carême

" Dans notre société, ce temps de préparation aux célébrations pascales passe désormais presque inaperçu. Mis à part les pratiquants réguliers, bien peu entendent parler du début du Carême, de son déroulement et de sa signification. En contraste, des sociétés marquées par une forte présence de croyants de religion islamique (telle la France, par exemple) sont devenues très au fait de la réalité du Ramadan (période de jeûne diurne chez les musulmans). Chez nous, il arrive parfois que les médias nous informent des dates du Ramadan et de sa signification religieuse. On ne peut en dire autant du Carême des chrétiens. Or, pour un disciple de Jésus Christ, les célébrations pascales sont la source et le sommet de l'année liturgique puisqu'elles commémorent le cur de la foi chrétienne: la résurrection du Christ qui a livré sa vie pour notre salut. Il convient donc de faire précéder ces fêtes par une période d'intense préparation spirituelle faite de jeûne, d'abstinence et d'aumône.

La pratique du jeûne, de l'abstinence et de l'aumône représente, pour toutes les grandes traditions religieuses, des voies incontournables pour grandir dans la liberté nécessaire à l'expérience spirituelle. Par le dépouillement personnel, la mise à l'épreuve de son corps (qui permet de se remettre à l'écoute des faims profondes de l'âme et du cur) et par le détachement volontaire des biens matériels, les croyants sont conviés à revenir aux choses essentielles et à renouveler ainsi leur relation à Dieu. Dans la tourmente souvent continuelle de la vie, le Carême propose quarante jours pour se mettre un peu plus à l'écoute des vraies valeurs. À travers la succession parfois désordonnée des événements, dans la vie personnelle comme dans la vie sociale, le Carême est l'occasion de remettre l'histoire dans la perspective de celui qui est venu marcher jusqu'au bout sur les routes de l'humanité pour lui offrir une Parole d'alliance."
Vie liturgique, n. 335, pp.4-5