Au fil des événements  
 
 13 mars 2003

 Université Laval

Création du Laboratoire de radioécologie


Le Département de chimie assume une mission unique au Québec en radioactivité et environnement

L'expertise d'une équipe du Département de chimie en matière de radioactivité vient d'être officiellement reconnue par la création du Laboratoire de radioécologie. Inauguré officiellement le 4 mars, ce laboratoire se consacre à l'analyse et à l'étude des composés radioactifs, dans une perspective de protection de l'environnement et des humains, a expliqué le directeur du Département, Gérard Charlet.

Le Département est actif en radioprotection depuis l'embauche, il y a 35 ans, du professeur Jean-Claude Roy. À son départ à la retraite à la fin de 1992, son collègue Claude Barbeau a pris le relais. "C'est un domaine de recherche en croissance et nous disposons de l'ensemble des instruments de détection de la radioactivité, signale Gérard Charlet. Nous avons voulu formaliser le tout par la création officielle d'un laboratoire. Claude Barbeau en est le directeur et Jean-Claude Roy préside le Conseil d'administration."

Le Laboratoire de radioécologie a pour mission de développer et de maintenir une expertise en radioactivité, en formant des diplômés universitaires dans le cadre d'études, de contrats et de projets de recherche. "Il s'agit là d'une mission unique au Québec et nous voulons bientôt en concrétiser l'existence dans nos programmes de baccalauréat et d'études supérieures", a précisé le directeur du Département. En plus de ces activités de recherche et de formation, le laboratoire offre des services d'analyse et d'expertise.

À Gentilly et ailleurs
Depuis 2001, l'équipe du professeur Barbeau a réalisé plusieurs contrats de recherche, totalisant près de 300 000 $. Parmi les travaux effectués à la demande d'Hydro-Québec, mentionnons la mesure de la radioactivité ambiante dans la centrale nucléaire Gentilly 2 et le suivi de la teneur en eau tritiée dans l'environnement. D'autres recherches, réalisées pour le compte de CANDU Owners Group Inc., ont porté sur la mesure des émetteurs alpha dans les effluents liquides de la centrale Gentilly 2 et sur l'émission de carbone-14 dans ses déchets. Les spécialistes du Département ont aussi effectué des analyses autour de la centrale de Chalk River en Ontario ainsi qu'à proximité des sites de mouillage de sous-marins nucléaires en Nouvelle-Écosse et en Colombie-Britannique.

Au fil des ans, une trentaine d'étudiants du Département ont reçu une formation en radioécologie au Département de chimie. Sept autres poursuivent présentement leurs études dans l'équipe de Claude Barbeau. Les discussions en cours concernant l'avenir de la centrale Gentilly 2 - elle pourrait être fermée en 2013 ou être rénovée pour en prolonger la durée de vie d'une vingtaine d'années - n'inquiètent pas le directeur du Laboratoire de radioécologie. "Si elle est rénovée, nous pourrons poursuivre notre collaboration avec Hydro-Québec. Si elle ferme, il va falloir assurer un suivi du site pendant une très longue période. Dans un cas comme dans l'autre, notre expertise pourra être mise à profit", conclut Claude Barbeau.

JEAN HAMANN