Au fil des événements  
 
 13 mars 2003

 Université Laval

Pas facile d'être jeune!


"Les jeunes d'aujourd'hui doivent faire preuve d'improvisation, apprendre à vivre dans l'éphémère, dans un rapport avec le temps et l'espace qui contraste avec celui auquel s'étaient accoutumées les générations précédentes. Les valeurs, les modèles et les normes disparaissent et laissent une sensation de vide vertigineux. Aux prises avec un imaginaire partiellement déconstruit, un système politique invalidé par l'histoire tragique du dernier siècle et un marché du travail instable, ces jeunes paient le prix fort pour la période de changements sociaux inédits que nous vivons."

C'est en ces termes que la sociologue Diane Pacom, de l'Université d'Ottawa, décrit le contexte socioculturel qui conditionne les comportements des jeunes de 2003. Dans le cadre d'une conférence intitulée "Les jeunes face à la transition postmoderne" qu'elle prononcait récemment sur le campus, Diane Pacom a fait remarquer que l'image positive de la jeunesse généralement accolée à la génération des baby boomers a été remplacée par un discours plus péjoratif: "Les appellations données au jeunes (Baby busters, Bof génération, génération X, génération y) confirment la persistance d'un discours insidieux et stéréotypé sur la nouvelle génération. Une de ces images qui reviennent sans cesse est celle du jeune tueur détraqué, comme au massacre de Columbine High School. Cette image contribue à la mise en place de mesures abusives de discipline dans les écoles, comme le renforcement des codes de conduite, l'installation de détecteurs de métal, la surveillance électronique dans toutes les classes et la présence policière dans les bâtiments scolaires."

Selon Diane Pacom, ces stéréotypes atteignent maintenant la génération dite des "Tweens", dont des spécialistes scrutent attentivement les moindre comportement en matière de style de vie, de goûts musicaux, de sexualité, contribuant ainsi à les catégoriser comme un segment de population qui affiche un appétit très vorace pour la mode, la culture populaire et les objets de consommation. "Nous, professeurs et éducateurs du nouveau millénaire, devrons être souvent aptes à apprécier la créativité déployée par les jeunes face aux adversités qui émergent dans leur vie quotidienne", fait valoir la sociologue.

DOMINIC DUVAL