Au fil des événements  
 
 13 mars 2003

 Université Laval

Fouilles interrompues en Syrie

Le conflit appréhendé en Irak empêche les archéologues de Laval de poursuivre leurs recherches

La situation actuelle au Proche-Orient ne bouleverse pas seulement l'ordre politique mondial. Michel Fortin, un professeur d'archéologie qui effectue des fouilles en Syrie depuis plusieurs années, doit repousser la suite de son projet en raison de la crise irakienne. Dans une conférence intitulée "Les archéologues de l'Université Laval au Proche-Orient ", donnée le 8 mars dans le cadre des Grandes Fêtes de l'Université, Michel Fortin présentait les résultats de deux étés consécutifs de fouilles en Syrie. Jusqu'à tout récemment, son site de recherche, situé à l'ouest du pays, à l'opposé de la frontière avec l'Irak, ne subissait pas les contrecoups de l'imminence d'une guerre, mais le gouvernement canadien a demandé récemment aux ressortissants canadiens de quitter la Syrie.

Cet été de congé forcé, Michel Fortin l'utilisera pour peaufiner les résultats des deux dernières périodes de fouilles. "Ce sera une saison d'étude au laboratoire du pavillon Jean-Charles Bonenfant, explique-t-il. Nous allons retravailler notre base de données pour essayer de compléter nos résultats."

Et des résultats, il y en a eu pendant les deux dernières années de travail sur le site de fouille de Tell Archarneh: "Nous avons trouvé des vestiges des Croisés, du monde islamique et de l'âge du fer", annonce Michel Fortin. Les membres de l'expédition, dont plusieurs étudiants à la maîtrise et au doctorat au Département d'histoire, ont pu confirmer la thèse que cette ville a été attaquée par Sargon II en 702 avant Jésus-Christ. Cependant, ils n'ont pu retrouver les restes de la ville avant cette époque, puisque ces vestiges sont enfouis à plus de six mètres. "En prévention contre l'attaque de Sargon II, les habitants de Tell Archarneh ont ajouté de la terre et ont bloqué les accès. Cette terre amassée nous empêche de nous rendre facilement aux époques plus anciennes dans le sol", explique Michel Fortin, qui espère que le conflit en Irak soit réglé l'été prochain.

DOMINIC DUVAL