Au fil des événements  
 
 13 mars 2003

 Université Laval

L'appel de l'athlète

Un tribunal impartial résout rapidement et à peu de frais les différends en sport amateur de haut niveau au Canada

En août prochain, la crème des athlètes amateurs des Amériques convergera sur Saint-Domingue, la capitale de la République dominicaine, pour participer aux 14es Jeux panaméricains. Aux Jeux précédents tenus à Winnipeg en 1999, la délégation canadienne comptait 600 membres. Cette fois, l'effectif sera réduit de moitié. Les coupes sombres qui seront effectuées feront, à coup sûr, de nombreux mécontents. Selon Benoit Girardin, directeur exécutif du programme d'arbitrage et de médiation sportive ADRsportRED (Alternative Dispute Resolution for sport ­ Règlement Extrajudiciaire des Différends pour le sport), plusieurs athlètes non sélectionnés se tourneront probablement vers ADRsportRED. "Dans les dernières années, rappelle-t-il, de nombreux litiges en matière de sélection pour les Jeux olympiques se sont rendus jusqu'en cour supérieure. C'était long, complexe, coûteux. Notre organisme se veut un tribunal du sport avec un code d'arbitrage et de médiation. Ce code sert de cadre aux parties pour régler leurs différends et prévoit que l'on peut réagir rapidement pour rendre une décision."

Le mercredi 12 février, Benoit Girardin a fait un exposé au pavillon Charles-De Koninck dans le cadre de la sixième série de conférences de sensibilisation aux modes non judiciaires de règlement. Ces activités sont organisées conjointement par le Barreau de Québec, le Centre d'arbitrage national et international du Québec et la Faculté de droit. Selon le conférencier, la mise en marche d'ADRsportRED par Patrimoine canadien remonte à janvier 2002 et a pour origine le cas Valérie Hould-Marchand. Cette athlète en nage synchronisée s'était vue interdire de participer à un événement majeur pour avoir refusé de se plier aux exigences de sa fédération. Benoit Girardin ajoute que ADRsportRED vise à corriger un problème d'impartialité. "Avant ADRsportRED, et le problème persiste encore aujourd'hui, la fédération sportive gérait tout le litige, notamment en formant un comité d'appel, indique-t-il. Lorsqu'on allait en arbitrage, la fédération gérait le dossier et aidait à choisir l'arbitre."

Plusieurs types de différends
Les services d'arbitrage et de médiation d'ADRsportRED s'adressent à tout membre d'un organisme national de sport, aussi bien l'athlète que l'entraîneur, l'arbitre, l'administrateur ou le bénévole. L'organisme gère les litiges en matière de sélection, de brevet, de discipline, de contrat, de harcèlement ou de dopage (à venir). La quinzaine de dossiers traités ou en cours de traitement concernent très majoritairement des athlètes et portent sur les aspects sélection, brevet ou discipline. Quatre athlètes québécois ont jusqu'à présent fait appel à ADRsport RED. Les dossiers en cours concernent le curling, la boxe, le patinage de vitesse et la gymnastique. Parmi les avantages de recourir à la structure juridique fournie par ADRsportRED, il y a les coûts faibles, l'accès partout au Canada par appel conférence, par soumission écrite ou en personne, et la spécialisation en matière sportive de 26 arbitres accrédités et bilingues. Une décision prochaine de Sport Canada, reliée aux conditions de financement des fédérations sportives, imposera à celles-ci l'utilisation des services de ADRsportRED dans les situations de dernier recours, plutôt que d'aller devant les tribunaux de droit commun.

YVON LAROSE