Au fil des événements  
 
 13 février 2003

 Université Laval

Affaissement prévu de l'activité résidentielle


Le vieillissement croissant de la population de la région de Québec ciblé comme facteur principal


Le vieillissement croissant de la population de la région de Québec fera en sorte que la demande de maisons et de logements diminuera inévitablement dans les décennies à venir. Cette perspective a été évoquée le vendredi 7 février au pavillon Félix-Antoine-Savard par François Des Rosiers, professeur de gestion urbaine et immobilière à la Faculté des sciences de l'administration et membre régulier du Centre de recherche en aménagement et développement (CRAD). Sa présentation, qui s'intitulait Évolution et perspectives du marché du logement au Québec, a eu lieu dans le cadre des midi-conférences du CRAD. "La pyramide des âges de la Communauté métropolitaine de Québec va se transformer en toupie, signe d'une population vieillissante, affirme le professeur citant une étude récente de l'Institut de la statistique du Québec. Entre 2001 et 2006, la population aura enregistré un accroissement total de 13 500 personnes. Mais entre 2016 et 2021, l'augmentation ne sera que de 800 personnes. Inévitablement, et même en faisant l'hypothèse d'une croissance économique soutenue, cela se traduira par un affaissement marqué de l'activité résidentielle dans la région." On prévoit par ailleurs une diminution sensible de la taille moyenne des nouvelles unités construites entre 1991 et 2021.

Référant à la crise du logement locatif qui affecte le Québec, François Des Rosiers souligne que, de 1983 à 1991, il s'est construit en moyenne chaque année 15 400 logements locatifs au Québec, soit un peu plus du tiers du total des mises en chantier résidentielles, alors que ce nombre n'était plus que de 3 800, soit 17,5 % du total, durant la période 1992-2001. En conséquence et à titre d'exemple, le taux moyen d'inoccupation en octobre dernier dans la région métropolitaine de recensement de Québec n'était que de 0,3 %. Pourtant, l'on assiste à une très forte demande en ce domaine, soutenue notamment par la forte activité économique et l'arrivée à l'âge adulte des enfants des "baby boomers". "La réglementation des loyers et la réglementation dans l'industrie de la construction contribuent à exacerber le problème de rareté, soutient le conférencier. Toutes causes confondues, cela se traduit par un coût moyen de réalisation de l'ordre de 70 000 $ à 75 000 $ pour une unité de deux chambres à coucher dans un immeuble standard, tandis que sa valeur marchande demeure inférieure à 50 000 $."

Une diversité de préférences et de comportements
Le vendredi 31 janvier, dans le cadre du 8e colloque étudiant pluridisciplinaire du CRAD tenu au pavillon La Laurentienne, Yan Kestens, étudiant au doctorat en aménagement du territoire et développement régional, a prononcé une conférence intitulée Choix de localisation résidentielle dans la ville de Québec: critères exprimés et profils des ménages. Ses données provenaient d'une enquête téléphonique menée auprès de 774 ménages ayant fait l'acquisition d'une propriété unifamiliale entre 1993 et 2001. L'âge moyen des répondants est de 42 ans et 55 % d'entre eux ont un diplôme universitaire. Le revenu moyen des ménages s'élève à 69 000 $, et plus de 500 d'entre eux sont des couples avec enfants. Enfin, seuls 5 % des répondants habitent les quartiers centraux.

La première analyse des données révèle, entre autres choses, que les critères de choix de la propriété sont très variables en fonction de l'éducation et du revenu. "Les critères de la superficie habitable, de la taille du terrain, de la présence d'arbres, de la qualité générale de la propriété sont d'autant plus fréquemment cités que le revenu est élevé", indique Yan Kestens. Parmi les critères de choix du quartier, les services, la tranquillité et l'attachement au quartier sont les plus souvent mentionnés. "On ne choisit pas le quartier pour les mêmes raisons si on est un jeune couple en attente d'un enfant que si on est retraité, explique-t-il. Ainsi, l'école du quartier est citée plus fréquemment chez les 35-54 ans. Les 45-54 ans, eux, mentionnent la proximité des transports en commun. L'hypothèse que leurs adolescents ont besoin de ce service est tout à fait plausible."

YVON LAROSE