Au fil des événements  
 
 13 février 2003

 Université Laval

Au confluent de l'art et de la science


Le Laboratoire des nouvelles technologies de l'image, du son et de la scène sera aménagé à compter de cet été au pavillon Louis-Jacques-Casault

Le projet LANTISS, le Laboratoire des nouvelles technologies de l'image, du son et de la scène, va bon train. Le vendredi 7 février au pavillon Adrien-Pouliot, lors de la première rencontre réunissant les chercheurs et partenaires du projet, le vice-recteur exécutif Claude Godbout a annoncé que le LANTISS s'installera au pavillon Louis-Jacques-Casault. Selon Luis Thenon, directeur du LANTISS, la première phase de réalisation du projet débutera à l'été. On aménagera notamment un vaste studio à géométrie variable d'une hauteur d'environ six mètres. L'infrastructure devrait être opérationnelle à l'automne.

Le LANTISS a pour principal objectif de soutenir la création et les recherches de pointe, d'une part sur le développement des technologies de scène, d'autre part sur le développement des langages et perceptions engendrés par le recours à ces technologies dans l'espace scénique. Ses principaux axes de création/recherche sont le corps orchestre, la présence et la distance, les mécaniques de scène ainsi que la relation corps et environnement virtuel. Le LANTISS a reçu l'appui financier de la Fondation canadienne pour l'innovation et du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies. Comme l'indique Luis Thenon, le LANTISS sera un lieu de rencontre de la pensée créative et de la pensée scientifique. "Il est faux de prétendre que l'art est seulement le produit de l'intuition, dit-il. La pensée artistique est aussi productrice de connaissances que la pensée scientifique. La méthode de l'art est en soi une façon de produire des connaissances fondamentales pour l'humanité. En cela, les deux méthodes ne sont pas égales, mais s'équivalent."

Le soutien de deux Facultés
La Faculté des lettres et la Faculté des sciences et de génie apporteront un soutien de premier plan au LANTISS. Des projets de maîtrise et de doctorat sont déjà en marche aux deux endroits et se situent dans l'axe de recherche proposé par le LANTISS. À la Faculté des lettres, une demi-douzaine de chercheurs orienteront leurs recherches futures dans la même direction. En sciences et génie, le LANTISS pourra compter sur la collaboration des chercheurs du Laboratoire de robotique (mécanismes parallèles, préhenseurs robotiques articulés), du Laboratoire de vision et systèmes numériques (systèmes "intelligents" pour la perception, l'apprentissage, l'action) et du Centre d'optique, photonique et laser (procédés en projection laser, spatialisation d'images, interfaces utilisant la fibre optique).

Le LANTISS entend tisser des liens étroits avec le milieu de la création actif dans les recherches en nouvelles technologies de scène. À cette étape de son développement, il s'est associé à deux partenaires de Québec: le Groupe Ex-Machina du metteur en scène Robert Lepage, et le centre d'artistes Avatar. "La technologie intéresse Robert Lepage, souligne Michel Bernatchez, producteur des spectacles chez Ex-Machina. Par exemple, il lui arrive souvent de combiner des projections vidéo avec des ombres chinoises faites à l'aide de chandelles. Ce qu'on a vu aujourd'hui est instructif, stimulant. Il y a déjà plein de possibilités qui se dessinent. Il y a des éléments technologiques qui auraient pu résoudre les problèmes qu'on a rencontrés dans la réalisation de certains spectacles de Lepage. Mais on ne connaissait pas ces chercheurs." Émile Morin, directeur artistique du centre d'artistes Avatar, indique pour sa part qu'Avatar peut apporter au LANTISS une expertise de terrain concrète en lien étroit et direct avec les artistes.

YVON LAROSE