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 6 février 2003

 Université Laval

Mauvais traitement de canal

La chirurgie la plus courante pour la vasectomie entraîne 9 % de recanalisation spontanée

Une vasectomie est une vasectomie, pourrait-on croire. Eh bien non. "Toutes les vasectomies ne se valent pas", déclare le professeur Michel Labrecque du Département de médecine familiale. Un coup d'oeil rapide au curriculum vitae de ce médecin-chercheur révèle qu'en matière de vasectomie, il doit forcément savoir de quoi il retourne. Non seulement a-t-il réalisé plusieurs études sur l'efficacité de cette intervention, mais il en pratique aussi. Beaucoup et souvent. "Près de 9 000 en 20 ans", estime-t-il sommairement. Cette double fonction en fait, à n'en point douter, un "observateur privilégié" de la délicate condition masculine.

Dans un récent numéro du Journal of Urology, Michel Labrecque et quatre de ses collègues, du Département de médecine familiale et du Family Health International de Caroline du Nord, démontrent que la technique chirurgicale la plus couramment utilisée pour la vasectomie connaît sa part de ratés. Près de 9 % des patients opérés à l'aide de cette technique connaissent éventuellement, à leur insu et à leur grand dam, une recanalisation spontanée!

Le défi du changement
Les chercheurs sont parvenus à ce constat en effectuant le suivi de 3 761 hommes qui ont subi une vasectomie entre 1996 et 2000. L'exercice a permis de comparer l'efficacité de deux techniques chirurgicales. Sans entrer dans le menu détail, disons que la première méthode, la plus courante dans le monde, consiste à poser des agrafes en deux points, séparés d'environ 1 cm, sur le canal déférent, d'exciser ce segment et de refermer le bout du canal du côté testiculaire. La seconde consiste à brûler - avec un appareil semblable à un fer à souder - l'intérieur d'un segment du canal, de l'enfouir ensuite dans la gaine du canal et de refermer la gaine à l'aide d'une minuscule agrafe en titane. Comme disent les publicités télévisées, ne tentez pas ces manuvres à la maison.

Les chercheurs ont observé un taux de recanalisation spontanée de 8,7 % dans le premier groupe contre à peine 0,3 % dans le second. La dextérité des chirurgiens ne peut expliquer cette différence puisque tous les patients ont été opérés par un seul et même médecin: Michel Labrecque. "L'efficacité de la vasectomie varie considérablement selon la technique utilisée et il faut que la pratique médicale s'ajuste, insiste-t-il. J'ai moi-même changé ma façon de pratiquer cette intervention depuis 1999 et j'ai eu à peine une recanalisation sur 2000 patients."

JEAN HAMANN