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 6 février 2003

 Université Laval

Surfaces à risque

Les désinfectants seraient inefficaces contre le virus de l'hépatite A

Les six composés les plus fréquemment utilisés pour désinfecter les surfaces de travail dans l'industrie de l'alimentation ont peu d'effet sur le virus de l'hépatite A. Les chercheurs du Département des sciences des aliments et de nutrition qui ont fait cette découverte avisent donc les responsables des usines de transformation alimentaire et les restaurateurs que les aliments qui viennent en contact avec les surfaces de travail peuvent transmettre le virus, mêmes si elles ont été nettoyées.

Les désinfectants testés agissent contre les bactéries, mais leur concentration est trop faible pour détruire le virus de l'hépatite A, révèle l'étude publiée dans une récente édition du Journal of Food Protection par Julie Jean, Jean-François Vachon, Olivier Moroni, André Darveau, Irena Kukavica-Ibrulj et Ismail Fliss. Il faudrait augmenter la concentration de certains de ces produits par un facteur trois pour produire des effets notables sur ce microorganisme. Avant d'autoriser pareilles augmentations de concentration, Santé Canada exigerait sans doute des études détaillées, croit Ismail Fliss. Que faire d'ici là? Comme la transmission de l'hépatite A se fait par les selles de sujets porteurs du virus, il faut demander aux travailleurs de l'industrie de l'alimentation d'appliquer rigoureusement les mesures d'hygiène personnelle, estime le chercheur.

Le virus de l'hépatite A peut contaminer des aliments et des boissons et, subséquemment, infecter les personnes qui les ingèrent. Près de 70 % des intoxications alimentaires seraient d'origine virale, précise Ismail Fliss. Au Canada, l'hépatite A est une maladie à déclaration obligatoire. Comme dans la plupart des pays industrialisés, l'incidence de la maladie y est relativement faible, quoiqu'on rapporte tout de même entre 1 000 à 3 000 cas chaque année.

JEAN HAMANN