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 6 février 2003

 Université Laval

Laisser-fer inquiétant

Le souci de bien s'alimenter contribuerait à une carence en fer chez les Québécois

Les réserves de fer des Québécois seraient menacées par leur désir de bien s'alimenter! En effet, soucieux de réduire leur prise de graisses animales, les Québécois auraient quelque peu délaissé la viande rouge, principale source de fer assimilable dans les aliments courants, avancent des chercheurs du Département des sciences des aliments et de nutrition. Cette carence en fer menacerait particulièrement les femmes puisque deux Québécoises sur trois auraient un apport en fer assimilable inférieur au niveau recommandé, rapportent-ils dans un article publié dans la dernière édition du Canadian Journal of Dietetic Practice and Research. Dans le groupe des femmes de 18 à 50 ans, ce taux grimpe à 75 %. La situation est moins problématique chez les hommes, mais la sous-consommation de fer assimilable touche tout de même 26 % des Québécois.

Sans le démontrer directement, l'étude de Dominique Tessier, Huguette Turgeon O'Brien, John Zee, Johanne Marin, Karine Tremblay et Thérèse Desrosiers laisse supposer qu'une proportion significative de Québécoises pourrait avoir des réserves de fer à plat. Les femmes de 18 à 50 ans - le segment de la population qui a les plus grands besoins en fer en raison des menstruations et des grossesses - sont les plus susceptibles d'avoir des apports en fer inférieurs à la norme recommandée, révèle l'étude. Les données utilisées par les chercheurs pour arriver à ces constats proviennent de l'Enquête sur la nutrition de Santé Québec, à laquelle plus de 2 000 personnes ont participé.

L'information véhiculée au cours des dernières années au sujet du lien entre les gras saturés et les maladies cardiovasculaires aurait contribué à une diminution de la consommation de viande rouge au pays. Les spécialistes estiment qu'il serait important de réhabiliter le buf dans l'assiette en raison de sa teneur élevée en fer hémique et de son lien étroit avec le fer absorbable. Pour s'assurer un apport suffisant en fer, il faut également consommer des aliments favorisant son absorption (viande, volaille, poisson et vitamine C). Les Québécois ne sont pas les seuls à manquer de fer sur la planète. Plus de 2 milliards de personnes seraient dans la même situation, incluant 50 millions d'habitants de pays industrialisés.

JEAN HAMANN