Au fil des événements  
 
 6 février 2003

 Université Laval

Le savoir agit sur la démographie

Grâce à l'Université Laval et aux cégeps de la Communauté métropolitaine de Québec, le groupe des 15-24 ans atteint 7,5 % de la population totale

L'Université Laval a un impact notable sur la démographie de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ). C'est ce que révèle une étude de l'Institut de la statistique du Québec, rendue publique le 16 janvier dernier. Commandé par la Commission de la capitale nationale du Québec et le ministère des Affaires municipales et de la Métropole, le document de 162 pages s'intitule Le choc démographique. La population de la Communauté métropolitaine de Québec à l'aube du 21e siècle. On y apprend, entre autres, qu'en 2001, le groupe des 15-24 ans représentait 7,5 % de la population totale, soit une portion plus grande que dans l'ensemble du Québec (6,7 %). Cette surreprésentation s'explique notamment par le pouvoir d'attraction exercé dans l'Est du Québec par l'Université Laval et les cégeps du territoire de la CMQ. Au cours des années 1990, pas moins de 40 % des 24 ans et moins inscrits à Laval provenaient de l'extérieur de la région immédiate de Québec. Ce pourcentage montait à 43 % chez les 25 à 39 ans étudiant à Laval. Le phénomène migratoire qu'entraîne l'activité d'enseignement génère par ailleurs un impact économique important sur la CMQ, à cause de facteurs comme les frais de scolarité, les subventions versées aux maisons d'enseignement et la consommation, par les étudiants, de biens et services.

Un niveau de scolarité plus élevé que la moyenne québécoise
L'étude trace le portrait démographique actuel et prévisible de la CMQ jusqu'en 2021. Le secteur couvert comprend les nouvelles villes de Québec et de Lévis et leurs arrondissements, de même que les trois MRC du territoire. Selon le recensement de 2001, la CMQ compte plus de 684 000 habitants, soit 9,5 % de la population du Québec. Pour l'essentiel, on observe un ralentissement du dynamisme démographique sur le territoire de la CMQ ainsi qu'un vieillissement particulièrement accentué. Sur le plan de la scolarité, les 15 ans et plus ayant poursuivi des études universitaires ont vu leur pourcentage passer de 21,9 % en 1991 à 24,2 % en 1996. Dans l'ensemble du Québec, cette proportion passait de 18,1 % à 20,2 %.

L'étude comprend aussi une analyse en profondeur des résultats, une tâche qu'assument trois experts, notamment les professeurs Paul Villeneuve, du Département d'aménagement, et Simon Langlois, du Département de sociologie. Selon ce dernier, Québec n'est peut-être pas avant tout une ville universitaire, comme peuvent l'être Aix-en-Provence, en France, ou Durham, en Caroline du Nord, mais cela n'empêche pas une forte présence étudiante de niveau post-secondaire. "Au cours des années 1991-2001, écrit Simon Langlois, Québec a reçu au total 10 007 personnes de plus que le nombre de ceux et celles qui ont quitté la région. Or, de ce nombre, 9 256 étaient des jeunes âgés de 15 à 24 ans. Une partie de ces jeunes étudiants resteront finalement dans la région."

YVON LAROSE