Au fil des événements  
 
 6 février 2003

 Université Laval

En transit vers le ciel


Des étudiants de Laval remportent deux prix d'excellence à un concours nord-américain d'architecture axé sur la thématique aéroportuaire

Dans son édition de décembre 2002, la revue Canadian Architect consacre deux pages, en plus d'accorder l'un de ses prix d'excellence, le Prix du mérite étudiant, à trois étudiants à la maîtrise en architecture, Jean-Nicolas Faguy, Gabriel Rivest et Minh Ngô Le (retourné depuis au Viêt Nam), pour leur projet "Aéroport international de Québec". Il y a quelques mois, le même projet a mérité à ses auteurs l'un des trois prix d'excellence remis lors de la cinquième édition d'un concours annuel nord-américain étudiant de design et de conception technique. Laval a d'ailleurs fait un doublé à cette occasion puisqu'une seconde équipe, composée des étudiants à la maîtrise Alexandre Ouellet et Sylvain Simoneau, a elle aussi mérité un prix d'excellence pour son projet "Aéroport d'hiver de Québec". Ce concours est parrainé par l'Association of Collegiate Schools of Architecture (ACSA) et le Steel Tube Institute of North America (STI). Les deux projets gagnants ont été réalisés dans le cadre de l'atelier "Construction et design" et l'encadrement des étudiants a été assuré par le professeur Jacques White.

Un trait d'union entre deux mondes
Le projet de Jean-Nicolas Faguy, Gabriel Rivest et Minh Ngô Le avait pour but de proposer au voyageur un parcours fluide et clair dans son cheminement entre la ville et l'avion, et vice-versa. Leur concept s'articule autour de deux structures en forme de boîte constituant les extrémités de l'aéroport. La zone des départs, qui pointe vers le ciel, est composée d'une peau non structurale constituée d'un filtre de bandes horizontales de bois et d'acier. Ces bandes sont inclinées de telle sorte que le regard porte vers les hauteurs. La zone des arrivées, par contraste, est fortement ancrée au sol. Elle se compose de tubulaires d'acier verticaux partiellement couverts de panneaux structuraux de bois.

L'élément central du projet est toutefois l'axe structural qui, du centre du hall, sépare les deux "boîtes". Des colonnes de faible diamètre de forme hélicoïdale, inspirées de la structure de l'ADN, composent cet axe dont la colonne principale s'élève à 18 mètres de hauteur. Trois tubes, soit des éléments fins d'acier, s'enroulent autour de chaque colonne pour la rigidifier et l'empêcher de s'affaisser sous le poids de la charge. "Le concours suggérait d'utiliser l'acier sous toutes ses formes, indique Jean-Nicolas Faguy. Nous l'avons plutôt utilisé selon son potentiel, notamment en le combinant, dans le cas des colonnes centrales, avec un matériau comme le béton. Combiné avec l'acier, le béton augmente sa puissance de compression ainsi que sa résistance au feu. Des calculs, qui tenaient compte de bétons à haute performance, ont permis de valider l'élancement des colonnes."

Un objet environnemental
Alexandre Ouellet et Sylvain Simoneau ont fait parler d'eux il y a deux ans avec leur "maison québécoise en transition", une des attractions les plus courues au 18e Salon national de l'habitation et de l'aménagement extérieur tenu à Québec. Au concours ACSA/STI, leur proposition d'une aérogare et de ses quais a consisté en un objet environnemental changeant, qui s'inspire des formes paysagères environnantes et qui interagit avec ces dernières. Le bâtiment semble émerger du sol avec, sur ses côtés, des lames de neige sculptées par le vent. La longue structure de cuivre oxydé du toit donne une impression de légèreté grâce à un ingénieux système de membrures en tubulaires d'acier suspendu et stabilisé par triangulation. Le grand hall forme un espace ouvert et fluide. Expressive dans sa forme, simple dans son organisation, l'aérogare permet une expérience environnementale signifiante au voyageur.

YVON LAROSE