13 décembre 2001

Faire ses classes autrement

Les futurs enseignants présentent leurs projets pédagogiques en éducation préscolaire et primaire

Les temps changent et les façons d'enseigner aussi. Le quatrième colloque annuel sur les projets d'intégration en contexte (PIC) des stagiaires du Baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire (BÉPEP) de la Faculté des sciences de l'éducation s'est voulu, le 7 décembre, une vitrine on ne peut plus éloquente en cette matière.

Surtout que cette activité, considérée à la fois comme un carrefour d'intégration professionnelle pour les stagiaires et une occasion de partage de bons procédés pédagogiques avec de futurs ou futures collègues, s'inscrit en droite ligne avec le programme de formation de l'école québécoise élaboré dans le cadre de la réforme du ministère de l'Éducation. Une réforme qui souhaite faire de la classe et de l'école une communauté d'apprentissage au sein de laquelle la formation, décloisonnée, actuelle et culturellement ancrée, est vue comme un processus dynamique.

Des guides
"Les enfants ont adoré leur expérience, racontent Marie-Pierre Blanchette, Annick Ménard et Sylvie Migneault. Notre rôle a consisté à servir de guide, de médiatrice. Dans la pédagogie par projet, comme celle prescrite dans la réforme du MEQ, ce sont les enfants qui sont actifs." Marie-Pierre, Annick et Sylvie font partie des 240 étudiantes et étudiants de 4e année du BÉPEP qui ont présenté leur projet d'intégration en contexte lors du colloque PIC, une approche unique dans le réseau universitaire québécois.

Affichant le thème "L'art d'enseigner", leur atelier - l'un des 80 au programme - a été l'occasion, pour les enseignantes et les enseignants qui y ont assisté, d'explorer de nouvelles possibilités pédagogiques à réaliser dans leur classe ou à leur école. Par exemple, Marie-Pierre Blanchette a effectué son stage à l'École Courval de Neuville. Les élèves de 6e année, qui ont participé à son projet "Ça m'chante" , ont écrit chacun les paroles d'une chanson dont celle qui sortira gagnante sera mise en musique puis soumise aux concours de la chanson francophone de Radio-Canada et du Festival d'été de Québec. En proposant à ses élèves du préscolaire de l'École Notre-Dame-du Sacré-Coeur, à Sainte-Foy, son projet "Des artistes à la maternelle", Annick Ménard ne voulait pas seulement, de son côté, faire connaître de grands noms des courants cubiste et impressionniste, mais elle avait surtout l'intention d'élargir la culture des enfants, de les initier à l'art et, au premier chef, de les amener à réaliser leur propre uvre d'art à la manière des peintres de ces deux idiomes artistiques. Sylvie Migneault a, quant à elle, fait participer les élèves du préscolaire du même établissement à "La grande fête du théâtre". Les jeunes y ont ainsi créé et monté une pièce de théâtre à partir de contes.

Sous le signe de la compréhension
Quelque 300 enseignantes et enseignants associés de même que des directrices et des directeurs, qui avaient accueilli des stagiaires de 4e année dans leur école, et des professeures et professeurs de la Faculté des sciences de l'Éducation ont assisté aux présentations des projets individuels des étudiantes et des étudiants du BÉPEP, au pavillon Charles-De Koninck. Parmi les sujets abordés dans les ateliers, citons, entre autres: la création d'un site Web, les jeux de société en coopération, le livre-cassette, la lecture sous toutes ses coutures, le secourisme, la prévention en chansons, l'estime de soi, les mystères de la nature, la communication, l'univers de Félix Leclerc, l'éducation physique et la santé, l'"incontournable" Harry Potter et l'univers de la BD.

Au dire de Doris Poitras, responsable, avec France Ouellet, du stage en responsabilité, le colloque PIC avait pour but notamment de rendre accessible la compréhension de la réforme mise en uvre par le ministère de l'Éducation.

GABRIEL CÔTÉ