13 décembre 2001

Les Canadiens vivent dans un environnement " obésitogène "

Les banlieues et des lieux de travail mal adaptés contribueraient à l'épidémie

Les quelque 250 spécialistes présents à la première conférence multidisciplinaire canadienne sur l'obésité, qui s'est déroulée du 7 au 9 décembre à Toronto, ont constaté l'urgence de la situation et la nécessité de développer une action concertée afin de mieux identifier non seulement les facteurs biologiques, mais également sociaux et environnementaux, responsables de l'épidémie d'obésité qui frappe les Camadiens. Ils ont conclu notamment qu'il faut entreprendre de grandes études de surveillance afin de mieux évaluer l'état de santé de la population canadienne ainsi que des études de prévention et de traitement à long terme où l'intervention ira bien au-delà des approches classiques. On devra également intervenir de façon concertée à tous les niveaux sur tous les facteurs qui constituent des barrières à la prévention et au traitement.

La population canadienne vit dans un environnement "obésitogène" que constituent les banlieues et les lieux de travail mal adaptés, a déclaré Denis Richard, directeur de la Chaire de recherche sur l'obésité de l'Université Laval. "L'obésité a atteint des proportions épidémiques qui nécessitent une approche globale, multifactorielle centrée sur la prévention. Il s'agit d'une condition hétérogène qui a des conséquences graves sur la santé et qui doit être évaluée au-delà d'un simple excès de poids", a signalé son collègue Jean-Pierre Després, professeur au Département des sciences des aliments et de nutrition, lors de la séance inaugurale de la conférence.

Les participants à la conférence ont reconnu l'importance d'intervenir bien au-delà du domaine médical afin d'enrayer le fléau de l'obésité. Il est urgent, par exemple, interpeller non seulement les autorités médicales mais également le ministère de l'Éducation du Québec, compte tenu de la propagation de l'épidémie de l'obésité chez les enfants. "Est-il éthique, demandent des spécialistes, de réduire les périodes d'éducation physique dans nos écoles ou de ne pas procurer aux enfants des environnements urbains où ils peuvent jouer en toute sécurité? Les parents doivent-ils limiter le temps alloué à l'écoute de la télévision à leurs enfants?"

Cette réunion a été organisée grâce à un partenariat unique entre Obésité-Canada, les Instituts de recherche en santé du Canada, Santé-Canada et la Chaire de recherche Donald B. Brown sur l'obésité dirigée à l'Université Laval par le docteur Denis Richard. Plusieurs cliniciens et chercheurs de l'Université Laval et du Centre de recherche de l'Hôpital Laval, milieu d'excellence en recherche sur l'obésité, ont participé de façon active à cette conférence qui se voulait bien plus qu'une autre réunion scientifique sur la question.