29 novembre 2001

Un aperçu du droit de demain

Lancement annuel de la Revue juridique des étudiants

Le lancement de la quinzième édition de La Revue juridique des étudiants et étudiantes de l'Université Laval (Revue.juridique@fd.ulaval.ca) a eu lieu le 22 novembre. Le juge Louis Le Bel, de la Cour suprême du Canada, diplômé de Laval, a agi comme président d'honneur lors de cet événement. L'édition 2001, un volume de 218 pages, contient les textes intégraux de cinq travaux de recherche récents faits par des étudiantes et étudiants en droit dans le cadre de leurs cours. La publication contient aussi les sommaires de quinze autres travaux de recherche disponibles en version intégrale. Les sujets abordés (ex.: la diffamation médiatique, la reconnaissance légale des homosexuels et les pouvoirs des services secrets canadiens) reflètent dans leur ensemble les préoccupations juridiques actuelles, et sont traités de façon complète et fouillée.

Le droit autochtone en vedette
Le texte de Jean Pépin La querelle du homard: la portée de l'arrêt Marshall et les perspectives d'avenir fait une soixantaine de pages. Il porte sur la décision rendue en 1999 par la Cour suprême dans la cause d'un Indien micmac ayant pêché illégalement l'anguille en 1993 en Nouvelle-Écosse. La décision du plus haut tribunal au pays avait provoqué une crise du homard dans les Maritimes, crise qui avait donné lieu à des affrontements entre non-autochtones, Micmacs et policiers.

Dans son texte, Jean Pépin explique la problématique qui entoure la reconnaissance des droits des autochtones devant les tribunaux. Ces droits ne sont reconnus et protégés que depuis l'entrée en vigueur de la Loi constitutionnelle de 1982. Depuis ce temps, de nombreux litiges opposant autochtones et non-autochtones se sont retrouvés en cour. "Le droit autochtone est de plus en plus défini, indique Jean Pépin. Mais comme il s'agit d'abord et avant tout d'un droit collectif, il sera toujours difficile de le concilier avec le droit de la société canadienne qui est individuel." Il précise que la Cour suprême n'a fait aucun cadeau dans l'arrêt Marshall. "L'interprétation des textes de loi était généreuse, dit-il, mais l'application ne l'était pas."

Un intérêt réel de la communauté juridique
Selon Bianca Binet, finissante au baccalauréat en droit et présidente du comité exécutif de La Revue, les commandes de textes sont de quatre ou cinq par jour dans les deux semaines suivant chacune des parutions. "Règle générale, nous recevons beaucoup d'appels d'avocats, souligne-t-elle. Cette année, la bibliothèque du Barreau du Québec a appelé pour avoir les textes intégraux de tous les textes présentés sous forme de sommaires depuis 1990." Pour le professeur de droit Christian Brunelle, La Revue offre de grands avantages aux praticiens. "Elle permet souvent aux avocats d'avoir accès à une revue assez exhaustive de la jurisprudence sur un point donné et ce, de manière assez rapide, explique-t-il. Et il s'agit souvent de sujets à peu près pas traités par d'autres."

Avec deux confrères d'études, Christian Brunelle a lancé La Revue en 1987. Leurs buts: donner de la visibilité aux travaux de recherche du premier cycle en droit et permettre aux étudiants de développer leurs capacités de recherchistes. "Notre raisonnement, dit-il, était qu'on peut passer parfois cent heures au bac sur un sujet et le texte reste lettre morte. Alors qu'il y a des praticiens intéressés au sujet, mais qui n'auront pas le tiers de ce temps à consacrer à une recherche. Collaborer à La Revue est aussi un moyen de s'initier à la vie d'avocat ou de notaire qui consiste, environ 80 % du temps, à lire, écrire et analyser des textes."

YVON LAROSE