18 octobre 2001

Faux coupables

Les Treize vous invitent à jouer au détective par une sombre nuit d'octobre

Comme le meurtrier revenant toujours, dit-on, sur les lieux de son crime, le lecteur qui a lu son premier roman d'Agatha Christie ne souhaite qu'une chose: se laisser reprendre au jeu d'une autre aventure policière où le meurtrier n'est pas toujours - et pour ainsi dire jamais - celui qu'on pense. Si vous voulez jouer le jeu, vous aussi, mais avec des personnages en chair et en os, courez voir Un ami imprévu (The Unexpected Guest), une oeuvre de la célèbre romancière anglaise adaptée pour la scène par Robert Thomas, qui sera présentée par la troupe de théâtre Les Treize les 25, 26 et 27 octobre, à 20 h, à l'amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins.

Ce suspense théâtral vous tiendra en haleine du début à la fin grâce à une méthode éprouvée qui a fait ses preuves dans l'univers de la littérature policière. Et, de plus, votre participation à la recherche de l'identité du meurtrier sera sollicitée: on vous remettra, à l'entracte, un coupon sur lequel figureront les noms des personnages potentiellement coupables. Cochez le bon nom et vous aurez la chance de mériter un coffret de livres d'Agatha Christie, gracieuseté de la librairie Laliberté. "Contrairement à la norme, les personnages de cette pièce sont nombreux à clamer, non pas leur innocence, mais plutôt leur culpabilité", explique Annie Gignac, étudiante en communication publique et l'une des responsables de ce premier spectacle de l'année présenté par Les Treize. "Pour quelque mystérieuse raison, poursuit celle qui joue le rôle de l'infirmière Miss Benett, il semble que les personnages ont tout intérêt à s'accuser du crime dans cette histoire."

Le doigt dans l'engrenage
L'histoire se déroule dans les années 1950, quelque part dans la campagne anglaise. Par un soir d'orage, un voyageur dont la voiture s'est embourbée sonne à la porte d'une maison appartenant à une riche famille. La porte s'ouvre et la scène qui s'offre à lui le cloue littéralement sur place: une femme tient à la main un revolver, tandis qu'un homme gît, non loin, sur le plancher. L'arrivée imprévue du voyageur viendra bousculer les plans du présumé assassin et des autres habitants de la maison. Cette visite inopinée amorce, en fait, le début d'une enquête parsemée de fausses preuves, d'alibis douteux et d'alliances stratégiques, façon Agatha Christie. Car chez cette romancière, qui a aussi écrit pour le théâtre, tout est prétexte à brouiller les pistes, l'énigme servant le dénouement, toujours surprenant, au propre comme au figuré.

"Dès les premières scènes, le spectateur est pris dans un engrenage, à l'instar de tous les personnages de la pièce, indique Raymond Poirier, qui interprète le rôle du voyageur, Michaël Starkwedder. Projeté malgré lui dans une histoire compliquée, l'homme devra user d'une grande patience afin de tenter de dénouer les fils de l'intrigue. En outre, la pièce s'accorde parfaitement avec l'ambiance un peu lugubre qui se dégage du mois d'octobre: l'orage gronde et il fait froid et sombre au-dehors."

Pour s'imprégner à fond des années 1950 et en restituer l'essence, cette équipe des Treize a visionné certains films tournés autour de cette décennie par un autre maître du suspense, Alfred Hitchcock: La Corde, Fenêtre sur cour, Sueurs froides. Tout pour se mettre dans l'ambiance! Sans compter la mise en scène astucieuse de Jean-Philippe Joubert qui a choisi de jouer le jeu de la transparence avec des murs qui n'ont pas d'oreilles mais bien des bouteilles. À moins qu'il ait voulu aller au-delà des apparences

Outre les noms cités plus haut, la distribution est assurée par les comédiennes et comédiens Maude Giasson (Laura Warwick), Olivier Grégoire (Yann Warwick), Élise Vinet (Margot Warwick), Marc-Philippe Parent (inspecteur Thomas) et Simon Girard (Julian Ferguson). Les billets sont en prévente au Service des activités socio-culturelles, au bureau 2344 du pavillon Alphonse-Desjardins, au coût de 8 $ (10 $ à l'entrée). Renseignements: 656-2131, poste 4136.