29 février 1996



OPÉRA

On a chanté sur la lune

Léger comme le champagne: le monde à l'envers selon Joseph Haydn, les 8 et 9 mars, par l'Atelier d'opéra de l'Université Laval.

Les 8 et 9 mars, à 20h, à la salle Dina Bélanger du collège Jésus-Marie de Sillery, l'Atelier d'opéra de l'Université Laval vous invite à découvrir une facette peu connue de l'oeuvre du compositeur Joseph Haydn en assistant à l'opéra Il mondo della luna. Créé en 1777 à l'occasion du mariage de Nicolas Esterhazy, membre d'une noble famille de Hongrie, cet opéra-comique constitue une aimable distraction qui n'a d'autre prétention que de vous faire passer un bon moment.

«C'était vrai il y a deux siècles et c'est encore vrai aujourd'hui, constate le metteur en scène de l'Atelier d'opéra, Marc Bégin. En fait, Il mondo della luna constitue le prototype de l'opéra du 18e siècle qui visait essentiellement à divertir. Écrit en italien - la langue des gens cultivés à l'époque - le livret de cet opéra est de Carlo Goldoni, auteur de comédies célèbres comme Le serviteur de deux maîtres ou La Locandiera.»

L'histoire de cet opéra en trois actes s'avère fort simple. Un bon père de famille, Buena Fede, veut marier ses deux filles, Flaminia et Clarice. Lui-même souhaite épouser sa servante, Lisetta. Manque de pot, toutes ses dames ont déjà des amants. L'un de ceux-ci, qui porte le nom évocateur d'Ecclitico, se fait passer pour un astronome et réussit à convaincre Buena Fede qu'il peut l'envoyer directement dans la lune. Le temps qu'il n'en faut pour passer au second acte, Buena Fede se retrouve sur le sol lunaire, en imagination du moins, après avoir bu un élixir habilement concocté par Ecclitico.

Les règles changent
«À partir de ce moment, les règles du jeu changent, indique Marc Bégin. Sur cet astre, les serviteurs deviennent rois et les rois se métamorphosent en serviteurs. Le père se voit dans l'obligation de céder ses deux filles à leurs amants en titre, avant de se rendre compte de la supercherie dont il est victime. Finalement, tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.»

Comme à l'habitude, Marc Bégin a privilégié une mise en scène sobre et un décor dépouillé mais toujours signifiant, dans le seul but de mettre en valeur la voix et le talent des chanteurs. À cet égard, sept étudiants et étudiantes en chant de l'École de musique font partie de la distribution. Il s'agit de Sébastien Ouellet (Buena Fede); Sylvie Malenfant (Flaminia); Caroline Ménard (Lisetta); Nancy Coulombe (Clarice); Denis Ferron (Ecclitico); Dominique Gagné (Ernesto) et Alain Provencher (Cecco).

Bien que l'opéra soit entièrement chanté en italien, l'action se traduit d'elle-même, dit Marc Bégin: «À l'instar d'un champagne léger qui pétille, c'est un spectacle qui se déguste lentement, pour le plaisir.» Cet opéra est placé sous la direction artistique de Gilles Auger. Notons que Il mondo della luna sera présenté le 16 mars, à l'Université de Sherbrooke et le 21 mars au Cegep d'Alma.

Fondé en 1981 sous l'initiative de Louise Andrée, professeure de chant réputée au Québec et au Canada, l'Atelier d'opéra est d'abord un cours visant à offrir aux étudiants de l'École de musique une expérience pratique de la scène. Cela ne l'a pas empêché, au cours des années, de se bâtir une brillante réputation, tant et si bien que son spectacle annuel constitue un événement très attendu pour les mélomanes de la région de Québec et d'ailleurs.

Les billets sont en vente dans le réseau Billetech et au secrétariat de l'École de musique, au coût de 10 $ pour les étudiants et de 15 $ pour le public en général.
RENÉE LAROCHELLE

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