11 avril 1996


Dépistage précoce du cancer de la prostate

Efficacité de 97%


Un test de dépistage du cancer de la prostate faisant appel à une protéine, le PSA (Prostate Specific Antigen), permettrait de dépister 95% des tumeurs de la prostate alors qu'elles sont encore à un stade précoce de développement. Utilisé dans le cadre d'un programme de dépistage annuel du cancer de la prostate chez les hommes à risque, ce test éliminerait pratiquement tous les cas où les cancers sont découverts trop tard pour être traités. Voilà ce que soutiennent les chercheurs Fernand Labrie, Bernard Candas, Leonello Cusan, José-Luis Gomez, Pierre Diamond, Raul Suburu et Martin Lemay de la Faculté de médecine (Centre de recherche du CHUQ, pavillon CHUL) dans la livraison de février de la revue scientifique Urology .

Les chercheurs ont tiré ces conclusions au terme d'une étude de six ans portant sur un groupe d'hommes de 45 à 80 ans qui ont subi annuellement un examen de la prostate par toucher rectal ainsi qu'un test de dépistage du PSA à partir d'un échantillon de sang. Lorsque l'examen par palpation ou le test du PSA donnait un résultat anormal, le diagnostic était confirmé à l'aide d'une échographie transrectale de la prostate. Lors des 8029 premières visites des sujets, les chercheurs ont dépisté 322 cancers dont 26 à un stade avancé (présence de métastases). Lors de 14 554 visites annuelles subséquentes d'un sous-groupe de ces mêmes sujets, 117 nouveaux cas ont été découverts mais un seul avait atteint un stade avancé. Utilisé seul, le test du PSA aurait dépisté 97% des cas de cancer lors des visites annuelles et 86% des cas lors de la première visite. De plus, l'incidence des cas de cancer dépistés correspond à peu près à ce qui prévaut dans la population, ce qui va à l'encontre des critiques qui estimaient que le test dépistait de petites tumeurs qui n'évolueraient jamais en cancer.
Jean Hamann