9 mars 1995

À la Galerie des arts visuels jusqu'au 19 mars L' INDIEN ET LE DIEU HASARD

Hautement médiatisée depuis Oka, la question autochtone ne pouvait échapper aux nouvelles technologies du traitement de l'image utliisées par les artistes.

« Au départ, l'exposition devait porter sur l'art et la technologie. Par pur hasard, nous nous sommes retrouvés tous les trois à travailler sur le thème des autochtones », explique Marc Dugas, professeur à l'École des arts visuels de l'Université Laval. En collaboration avec Richard Ste-Marie, également professeur à l'École des arts visuels et Jacques Charbonneau, fondateur du Centre Copie Art de Montréal, cette exposition, présentée à la Galerie des arts visuels (Édifice de La Fabrique) jusqu'au 19 mars, révèle trois visions personnelles d'artistes sur la question autochtone.

Inspiré par la crise d'Oka de l'été 1990, Jacques Charbonneau illustre avec son installation « Qui provoque l'autre ? » l'inoubliable affrontement entre le jeune soldat et le mohawk masqué. Tandis que Richard Ste-Marie, avec le procédé de l'infographie, manipule les images des informations télévisées de cet événement, qui donne le livre d'artiste Oka. Marc Dugas, lui, propose une oeuvre inspirée d'une gravure du XVIIe siècle et de figurines, intitulée: Les Sauvages d'Amérique. L'aspect technique n'a toutefois pas été complètement mis de côté, car ces artistes emploient dans la création de leurs oeuvres de nouvelles technologies du traitement de l'image. Depuis quelques années, Richard Ste-Marie travaille avec l'infographie: « Durant la crise d'Oka, j'ai enregistré les informations avec un magnétoscope, puis, à l'aide de mon ordinateur. j'ai transformé les images.»

Cette oeuvre composée de quatre illustrations est accompagnée d'un texte qui reprend les paroles de chefs autochtones entendues depuis 300 ans. En outre, Richard Ste-Marie expose deux autres livres d'artistes. Le plus récent évoque la folie. Le Fou montre l'homme dans des situations inhabituelles et des comportements dérangeants. «J'habite près du centre hospitalier Robert-Giffard. L'idée de ce travail s'est doucement installée, explique l'artiste. «Quand on voit le va-et-vient de ces gens, on se pose des questions et on remet en cause la notion même de la normalité.» Le dernier livre constitue l'album de famille, dans lequel sont regroupés des photographies et des extraits de lettres écrites par ses parents à l'âge de 16 ans, avant qu'ils ne meurent trois ans plus tard.

Se défendant d'avoir voulu faire de la politique, Marc Dugas présente une seule installation poétique de la vie quotidienne des autochtones au XVIIe siècle. Il exploite le calque à l'aide de photocopies, de photographies et de gravures. Avec une touche d'humour, Marc Dugas s'est servi d'une gravure française qui présente l'autochtone avec son fusil, un collier, ses vêtements traditionnels, un scalp et des raquettes dans un paysage d'été. « L'artiste de la gravure n'avait probablement jamais mis les pieds au Canada, il produisait ses dessins à partir d'histoires racontées », explique Marc Dugas.

«Le reste de l'oeuvre s'inspire d'un montage photographique de jouets d'enfant, avec lesquels j'ai joué aux "indiens" durant mon enfance.»

Contrairement à son collaborateur, Jacques Charbonneau s'inspire de la polique et des documents historiques pour créer ses installations. Avant la crise d'Oka, l'artiste avait, par son oeuvre La Liberté , fait un parallèle entre la rébellion des Patriotes de 1837 et le soulèvement des Parisiens de 1830. Son dernier travail devient un jeu de Parchési géant sur l'indépendance du Québec, à laquelle le spectateur est invité à jouer.

La Galerie des arts visuels est ouverte du mercredi au vendredi de 9 h 30 à 16 h, et de 13 h à 16 h les samedi et dimanche. JOHANNE FILION

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Xuvre de Hugues Dugas à louer à L'imageothèque

L'objet-tableau réalisé par Hugues Dugas When you hear nuage remporte le quatrième prix au Concours d'Xuvres d'art :

illustration d'un calendrier 1995. La toile peinte, les mots, les photographies, les «cadres dans le cadre», la transparence et l'opacité de la surface s'unissent ici pour obtenir une attrayante hybridité visuelle et métaphorique, interrogeant les frontières habituelles entre fiction et réalité, intériorité et extériorité.

When you hear nuage est disponible pour la location à L'imageothèque, collection de près de 200 Xuvres d'art réalisées majoritairement par des artistes étudiants de l'Université Laval. L'imageothèque (location d'Xuvres d'art) est située à la salle 0320 du pavillon Maurice-Pollack. Les tableaux, dessins, photographies et médias mixtes sont disponibles pour la location. Pour une période de trois mois, étudiants et étudiantes 5 $ ; autres 10 $. Heures d'ouverture : les mardis de 11 h 30 à 14 h 30.

Information : Louise Sanfaçon, 656-2131 poste 4131.

CINÉ-CLUB ELLIPSE AU CINÉMA LE CLAP

Six grands films pour fêter les 100 ans du cinéma

Le ciné-club Ellipse est formé de cinq étudiants et étudiantes de l'Université Laval qui veulent promouvoir le cinéma de répertoire. Comme vous le savez, l'ellipse, au cinéma, est un saut dans l'espace et dans le temps. C'est dans cet état d'esprit que le ciné-club Ellipse veut vous faire voyager, vous emportant de film en film en d'autres lieux, à d'autres époques, quelque part dans un autre temps.

Une fois les petits détails réglés, avec la collaboration du Cinéma Le Clap et le support du Service des activités socioculturelles (SASC) de l' Université, le Ciné-Club Ellipse a préparé, pour tous les gens intéressés, une progammation de qualité, contenant des films de répertoire recherchés. Les amoureux de cinéma seront charmés de voir où de revoir ces films qui ont marqué les périodes les plus diverses. En plus d'ouvrir à la culture cinématographique, ces films sont de grands classiques, présentés sur grand écran pour le plus grand bonheur du public.

Si cette programmation est appréciée, le Ciné-Club Ellipse sera heureux de vous retrouver l'automne prochain.

Programmation

Amadeus, film réalisé par Milos Forman en 1984, est un chef- d'Xuvre où la virtuosité musicale n'a d'égale que la virtuosité visuelle. Ce film sera présenté au Clap les 22 et 23 mars à 21 h.

Merveilleux film de l'époque du muet et de l'expressionnisme allemand, Métropolis , réalisé par Fritz Lang en 1926, sera présenté les 29 et 30 mars à 19 h.

À bout de souffle, film culte de la nouvelle vague, réalisé par Jean-Luc Godard en 1960, sera présenté les 5 et 6 avril à 21 h 45.

Le quatrième film, Citizen Kane , est considéré comme le chef- d'Xuvre cinématographique. Réalisé par Orson Welles en 1941, le film utilise avec génie une foule de procédés techniques qui vont bouleverser les règles de construction déjà existantes. Il sera présenté les 12 et 13 avril à 19 h.

Rashomon, le cinquième film, est une Xuvre d'une grande qualité esthétique qui a permis à l'Occident de découvrir le cinéma japonais. Réalisé par Akira Kurosawa en 1950, ce film sera présenté les 19 et 20 avril (l'heure est à déterminer).

Pour finir la saison, le Ciné-Club Ellipse vous présentera, les 26 et 27 avril (l'heure est à déterminer), le film qui a permis à Ingmar Bergman de faire connaître le cinéma suédois internationalement : Le Septième Sceau.

Information : Éric Aubin 656-2913; Louise Sanfaçon 656-2131 poste 4131.

Salle d'exposition de la Bibliothèque

Période sombre

Patrick Ouellet, bachelier en arts plastiques, finissant de l'Université Laval en 1992, présente une sélection de ses Xuvres récentes à la Salle d'exposition de la bibliothèque de l'Université Laval (Pavillon Jean-Charles-Bonenfant) du 8 au 26 mars.

De tout temps l'art a été le reflet de son époque, les créateurs étant perméables aux idées véhiculées par la société qui les a fait naître. Les artistes québécois contemporains, des tendances les plus traditionnelles aux plus modernes, n'y échappent pas et nous en avons un bon exemple avec les Xuvres de Patrick Ouellet. Son exposition Période sombre rassemble une dizaine d'huiles figuratives sur les thèmes de la violence, de l'angoisse, de la solitude et de la quête inassouvie du bonheur. Créées dans un climat de morosité économique, à une époque où l'effondrement du mur de Berlin n'a pas rempli ses promesses de paix et où le «moi» a prédominance dans les priorités de chacun, ces toiles peintes dans un style à la fois expressionniste et spirituel se veulent le miroir de ce que nous sommes. Période sombre ne porte pas de jugement mais amène à la réflexion et s'adresse à un large public.

Heures d'ouverture de la Salle d'exposition : du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 23 h ; samedi et dimanche, de 10 h à 17 h 30. Information : Patrick Ouellet 682-0192.

Concert au profit d'Amnistie internationale

Afin de soutenir les actions entreprises par Amnistie internationale pour faire libérer huit musiciens birmans emprisonnés pour leurs opinions, l'ensemble de Marimbas du Québec donnera un concert-solidarité, dimanche, le 12 mars, à 14 h, à la salle Henri-Gagnon du pavillon Louis-Jacques-Casault. Ragtimes, arrangements d'air des Beatles et classiques populaires: le répertoire de cet ensemble unique au Canada est varié: et leurs instruments, quatre xylophones en bois de rose d'une longueur de trois mètres et demi, ont une sonorité exceptionnelle. Les billets sont en vente à l'entrée, au coût de 10$ pour les adultes et 5$ pour les enfants de 12 ans ou moins. Réservations au 659-3032 (Marie-France Charron) ou 682-2133 (répondeur d'Amnistie internationale).

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Christian Morisset lance son album

Christian Morisset, jeune auteur-compositeur-interprète de Québec, vous invite au lancement de son premier mini-album, Recréer le monde, lors d'un 5 à 7 qui aura lieu le 13 mars, au Bar Spectacle D'Auteuil. À cette occasion, ce bachelier en philosophie de l'Université Laval interprètera quelques-unes de ses plus belles chansons, empreintes d'authenticité et de poésie.

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