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2 février 1995 ![]() |
LANCEMENT AU GREMF
Le Groupe de recherche multidisciplinaire féministe de l'Université Laval (GREMF) lançait récemment plusieurs nouveaux titres dans ses diverses collections. C'est ainsi que Les Cahiers de recherche du GREMF s'enrichissent de cinq nouvelles publications parmi lesquelles nous retrouvons Critiques féministes des disciplines, volume V. Dans ce Cahier, le GREMF poursuit la publication d'une collection de textes qui font le point sur les apports du féminisme aux diverses disciplines.
On y propose des réflexions sur deux domaines qui n'avaient pas encore été abordés: l'histoire de l'art et les sciences de la santé. L'article de Marie Carani est une étude solidement documentée du statut que l'histoire de l'art occidental a accordé aux femmes artistes du XVe au XXe siècle. L'auteure constate qu'en général l'histoire de l'art a ignoré les femmes artistes, comme l'histoire tout court a oublié l'ensemble des femmes. Francine Saillant et Françoise Courville, dans leur article, abordent le vaste domaine des sciences de la santé sous deux perspectives, celle des patientes et celle des soignantes. Elles rappellent, entre autres, l'omniprésence des femmes dans toutes les fonctions du système de la santé et soulignent la position désavantageuse de celles-ci face à leurs collègues masculins quant au pouvoir, au prestige et à l'argent. Quant à Colette Gendron et Bibiane Béland, elles se penchent sur la discipline qui se consacre à l'étude des soins: la science infirmière. Comme approche féministe, elles préconisent, pour cette discipline, une philosophie qui conçoit la santé dans une perspective globale tenant compte de tous les aspects de la vie des personnes afin de mieux les soigner ou préserver leur bien- être.
Dans le Cahier intitulé Le vécu des femmes qui prennent soin de leurs parents âgés, Pierrette Martin cherche à comprendre le vécu quotidien des femmes qui prennent soin de leurs parents âgés et à connaître les effets de l'intervention éducative chez ces femmes. Réalisée auprès de onze femmes, l'étude utilise une approche qualitative de recherche. Les résultats obtenus confirment les écrits des spécialistes qui se sont intéressés aux risques pour la santé mentale qu'occasionne la tâche de prendre soin d'une personne âgée, entre autres: l'épuisement physique et mental, les conflits dans les relations interpersonnelles et le manque de soutien du réseau social. La méthode d'intervention, soit le counseling de groupe, a apporté de l'information et du soutien aux femmes ayant participé à l'étude.
L'auteure du Cahier intitulé L'agression sexuelle et le droit criminel canadien: l'influence de la codification, Josée Néron, se demande si la codification du droit criminel canadien en 1892 aurait dû avoir un effet évolutif sur le droit en matière d'agression sexuelle par la suite. Une connaissance approfondie du contexte d'adoption du Code criminel et une analyse détaillée des droits substantif et jurisprudentiel en matière de viol, tels qu'ils se sont développés au Canada à partir du XIXe siècle, tenteront d'identifier les obstacles qui ont empêché pendant plus d'une siècle les femmes victimes de viol de faire entrendre leur voix auprès du gouvernement. Selon l'auteure, une récente décision de la Cour suprême du Canada a enlevé tout espoir de voir reconnus en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés les droits des femmes victimes d'agression sexuelle. Que peut faire le législateur, s'interroge Josée Néron, lorsque le système judiciaire et la profession juridique démontrent un parti pris contre les femmes?
De son côté, la collection Le GREMF édite publie trois nouveaux numéros. Dans La journée internationale des femmes: où en sommes -nous en 1994?, on présente les textes de trois conférences prononcées respectivement par Ann Robinson, Huguette Dagenais et Claire Bonenfant à l'occasion du 8 mars 1994. Huguette Dagenais, notamment, s'interroge dans sa communication si le féminisme est toujours de mise en 1994. Elle y présente une critique sérieuse du traitement du féminisme et des féministes dans les médias d'information à l'occasion de la Journée internationale des femmes. Elle signale également des cas de congédiements illégaux pour grossesse, d'emplois précaires ou de discrimination à l'endroit des enseignantes.
Un autre numéro de cette même collection, Lesbiennes, mariage et famille, publie le mémoire présenté par Ann Robinson, professeure à la Faculté de droit de l'Université Laval, à la Commission des droits de la personne du Québec dans le cadre de sa consultation publique sur la discrimination et la violence envers les gais et les lesbiennes au Québec. L'auteure y fait valoir qu'en dépit des changements apportés aux lois, la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle existe toujours. Elle fait notamment porter son propos sur deux thèmes au coeur du Droit civil québécois et de la famille: le mariage et la garde d'enfants en matière de divorce.
Pour sa part, la revue Recherches féministes publie un numéro spécial sur le thème de la famille. Outre le texte d'introduction au numéro que signe Renée B. Dandurand et dans lequel elle fait une brève rétrospective des diverses contributions de la recherche féministe des 30 dernières années concernant la famille, l'ouvrage présente six articles et une «Note de recherche». Le premier texte porte sur la contribution des femmes naskapies aux travaux de la vie quotidienne à l'époque de Fort McKenzie (1915-1948). Les auteures du texte attirent l'attention sur la diversité et la flexibilité des tâches accomplies par les femmes en tous lieux et en toutes circonstances.
Dans l'article suivant, à partir d'une recherche sur les pratiques par lesquelles hommes et femmes se définissent socialement comme parents, dans le cadre de la loi française, les auteures formulent l'hypothèse d'une appropriation des enfants, la décomposent et définissent son rapport théorique à l'appropriation des femmes par les hommes dans les rapports sociaux de sexe. L'auteure du troisième article, Michèle Vatz Laaroussi, livre les résultats de deux recherches faites en France et qui démontrent qu'en situation de paupérisation des femmes au foyer mettent en oeuvre, à partir de leurs savoir- faire quotidiens, des stratégies de survie. Ces femmes vont alors montrer la voie au conjoint qui, hors de ses repères masculins traditionnels, va se trouver en situation d'apprentissage.
Quant à Monique Cournoyer, elle analyse les stratégies des éducatrices professionnelles devant la maternité. Ces stratégies se partagent entre une valorisation plus ou moins forte de la profession ou de la famille. L'analyse révèle les tensions particulières qui existent entre ces deux univers de leur vie pour ces femmes engagées activement dans une activité professionnelle qui reproduit à plusieurs égards les fonctions maternelles.
Par ailleurs, les deux derniers articles de ce numéro de Recherches féministes traitent d'une part, des perceptions et pratiques des mères en emploi; les auteures de cette recherche mettent en évidence, dans leur analyse, quelques-uns des paradoxes qui jalonnent la réalité quotidienne de ces femmes. D'autre part, Monique Haicault de l'Université de Toulouse II discute de perte de savoirs familiaux et de nouvelle professionnalité du travail domestique. L'approche du travail domestique proposée dans son texte s'appuie sur des observations qui mettent en relief l'intégration du travail domestique dans une conception holiste de la société.
Enfin, Huguette Dagenais et Denise Piché du GREMF ont conjointement dirigé la publication de Femmes, féminisme et développement/Women, Feminism and Development, un ouvrage bilingue publié par l'Institut canadien de recherches sur les femmes. Ce collectif illustre l'apport significatif de la perspective féministe aux travaux sur le développement en mettant particulièrement l'accent sur les contributions de chercheuses et d'activistes canadiennes. Les dix-huit contributions de ce livre portent sur un grand nombre de thèmes et de préoccupations et réunissent des auteures oeuvrant dans une grande variété d'organisations et de disciplines.
Ainsi, les thèmes de l'entrepreneurship, de la religion, de la violence et de la sexualité émergent comme des problématiques récentes dans le champ du développement, alors qu'ils sont bien ancrés dans les préoccupations des féministes des pays développés. L'ouvrage soulève également d'autres questions qui exigent une réflexion de la part des féministes. Ces questions portent sur les conséquences du recours de plus en plus fréquent au terme «genre» plutôt que «femmes» pour la théorie et la pratique féministes du développement; sur la place de la reproduction dans les politiques de développement, notamment au regard des politiques de population et de l'expérience quotidienne des femmes; sur la quasi-absence de travaux sur les petites filles et les adolescentes; sur la globalisation des échanges et son impact sur l'environnement et le milieu de vie des femmes; de même que sur la nécessité d'établir des alliances entre femmes et féministes de diverses origines.
Par ailleurs, il est intéressant de souligner que les divers chapitres de ce collectif portent sur des aires culturelles et géographiques aussi différentes que la Chine; la Malaisie et la Thaïlande; le Mexique et les Antilles; l'Ouganda, le Malawi et le Ghana, de même que sur les sociétés inuit et indiennes du Canada. De l'ensemble des opinions et réflexions émises dans les diverses contributions de l'ouvrage émergent une communauté de vue et un appel à une reconceptualisation du développement.
Jean Bilodeau
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DICTIONNAIRE DE L'IMAGERIE MÉDICALE
Un travail hautement spécialisé, fruit d'une recherche rigoureuse, cette publication de Dorothy Nakos vient combler la lacune d'une terminologie improvisée et imprécise dans le domaine de l'imagerie médicale, résultat du développement très rapide des nouvelles technologies dans le champ de la pratique médicale. La notion d'«imagerie médicale» est née du regroupement d'une série de méthodes et de techniques diagnostiques des plus sophistiquées; la terminologie qui s'y rattache est devenue si vaste qu'elle confond même les spécialistes du domaine.
Publié conjointement par les Presses de l'Université Laval et Masson Éditeur, à Paris, le Dictionnaire de l'imagerie médicale est un ouvrage de référence essentiel à toute personne engagée directement ou indirectement dans le domaine médical et paramédical. Son auteure, professeure de traduction et de terminologie au Département de langues et linguistique de l'Université Laval, réunit les notions clés de l'imagerie médicale, domaine de pointe qui fait appel à diverses techniques (rayons X, ultrasons, radioactivité, etc.) pour produire des images morphologiques du corps humain. Elle explique par des définitions et des notes claires la portée des termes. Dans cet ouvrage bilingue, les termes français et anglais relevés le plus souvent figurent en premier, suivis, s'il y a lieu, des variantes orthographiques, abréviations et synonymes dont le contenu sémantique correspond à celui du terme principal.
Par ailleurs, l'index français de l'ouvrage comprend la liste des termes définis et renvoie à l'entrée principale; l'index anglais-français, de son côté, permet au lecteur qui cherche un équivalent à un terme anglais de se reporter à l'entrée française. Enfin, le Dictionnaire présente une bibliographie sommaire qui regroupe des ouvrages spécialisés dans le domaine ainsi que des ouvrages lexicographiques. Conçu pour faciliter le travail des traducteurs et des rédacteurs de textes médicaux, et autres spécialistes du domaine, l'ouvrage devrait répondre à leurs nombreuses attentes.
Dictionnaire de l'imagerie médicale/Dictionary of Medical Imaging. Dorothy Nakos. PUL & Masson Éditeur, Paris, 1994, 95 p.
Jean Bilodeau
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D'UN PAYS À L'AUTRE
Pour qui aime l'histoire, cette publication de Guy Giguère ne laissera pas indifférent. Mais «l'histoire» qu'il présente ici se veut d'une autre facture, une histoire qui fascinera tout autant que celle dévolue aux dates importantes, aux héros nationaux et aux grands courants idéologiques. Avec une collection de textes historiques qu'il a rassemblés, Giguère nous fait découvrir une multitude de petits événements quotidiens que nos ancêtres étaient appelés à vivre. Pour ce diplômé de l'Université Laval en ethnologie, cet aspect du passé a particulièrement retenu son attention. De quoi pouvait bien se composer la vie quotidienne de la Québécoise et du Québécois selon les époques? Aimaient-ils l'hiver? Comment se distrayait- on? Dans quelles conditions s'effectuaient les voyages en mer?
Les réponses à ces questions sont consignées dans les textes anciens des explorateurs, des voyageurs et de tous ceux qui, occupant des fonctions officielles, ont inscrit dans leur journal, leurs mémoires, leur correspondance, des faits qui racontent la vie quotidienne en Nouvelle-France. C'est donc à l'histoire de la fondation du Canada et de son évolution au cours des siècles à laquelle s'intéresse Giguère, mais il nous la livre à travers les récits anecdotiques et subjectifs de ceux et celles qui ont fait cette petite histoire. Ainsi, les textes choisis de l'ouvrage, comme le laisse deviner son sous-titre De 1600 à 1900, mille et un faits divers au Québec, décrivent les conditions difficiles de voyage en mer, le portrait physique et moral de la population, les moyens de transport, la vie familiale, les classes sociales, les divertissements, l'émergence de la rivalité Montréal-Québec, etc.
Outre de présenter un aperçu de faits divers de la vie courante, l'auteur avait également comme objectif de faire découvrir au public un patrimoine littéraire méconnu et difficile d'accès. Tous les textes choisis sont tirés d'ouvrages cités dans la bibliographie qui apparaît en fin de volume. Enfin, comme une véritable mosaïque, D'un pays à l'autre accompagne ses quatorze chapitres d'oeuvres picturales de peintres renommés: les Suzor- Côté, Krieghoff, Massicotte, Bourassa, Hamel et autres nous font vivre à leur façon ces scènes de la vie quotidienne qui témoignent d'un riche passé empreint de traditions.
D'un pays à l'autre. Guy Giguère. Éditions Anne Sigier, 1994, 215 p.
Jean Bilodeau
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